Okakwê : des élèves en pirogue à Libreville, l’urgence d’un territoire oublié
2026-08-24 13:00:00
À quelques kilomètres du cœur de Libreville, des habitants d’Okakwê dépendent encore de pirogues pour rejoindre la rive. À l’approche de la rentrée scolaire et de la saison des pluies, cette situation met en lumière une urgence d’aménagement et d’accès aux services essentiels au sein même de la capitale.
Dans le premier arrondissement de Libreville, l’île d’Okakwê semble appartenir à un autre temps. Située dans la zone d’Alibandeng, après Kiliba et le camp des marins, elle reste difficilement accessible par voie terrestre. Une publication de la page « Être FANG », relayée sur les réseaux sociaux, a récemment braqué les projecteurs sur les conditions de vie de ses habitants. Pour rejoindre Libreville, élèves, étudiants, femmes enceintes et personnes âgées doivent emprunter des pirogues. Une dépendance qui transforme chaque déplacement en épreuve et, potentiellement, en danger. Les témoignages relayés évoquent même des accidents mortels, notamment lors des traversées nocturnes. Ces éléments, qui mériteraient d’être documentés et vérifiés par les autorités compétentes, soulèvent néanmoins une question essentielle : comment une partie de la population de la capitale peut-elle encore être privée d’un accès sécurisé à l’école et aux soins ?
L’urgence apparaît d’autant plus forte à l’approche de la rentrée scolaire et de la saison des pluies. Pour les familles d’Okakwê, la question n’est pas seulement celle du confort ou de la mobilité : elle touche directement à la sécurité et à l’égalité d’accès aux services publics. Une urgence médicale, une grossesse ou le simple trajet quotidien d’un enfant vers son établissement peuvent ainsi dépendre de la disponibilité d’une pirogue et des conditions météorologiques. Dans l’immédiat, la mise en place d’une navette fluviale sécurisée, équipée de gilets de sauvetage et organisée selon des horaires réguliers, constituerait une réponse pragmatique. Elle permettrait notamment de sécuriser les déplacements des élèves et des personnes nécessitant des soins, en attendant des solutions plus structurantes.
Mais le cas d’Okakwê pose surtout la question de l’aménagement à long terme. Une île située dans le périmètre de Libreville ne devrait pas être durablement coupée des infrastructures essentielles. Pont, bac permanent, dispensaire, établissement scolaire : plusieurs options pourraient être étudiées en fonction de la faisabilité technique et du coût. L’enjeu dépasse donc le seul désenclavement d’une île. Il interroge la capacité des politiques publiques à garantir une véritable équité territoriale, y compris aux portes de la capitale. À l’heure où le Gabon entend accélérer son développement, Okakwê rappelle une réalité simple : le progrès ne se mesure pas uniquement à la modernité des grands axes urbains, mais aussi à la possibilité, pour chaque enfant, de rejoindre son école sans mettre sa vie en danger.