Franceville : La justice requalifie un drame familial en homicide involontaire



2026-08-24 13:03:00

Un drame familial d’une rare tragédie vient de trouver son épilogue judiciaire à Franceville. Le 19 août dernier, le tribunal de première instance de la localité a condamné G.M., une jeune fille âgée de 13 ans au moment des faits, à 12 mois de prison dont 7 assortis du sursis, ainsi qu’à une amende de 3 millions de FCFA.



Tout commence le 13 juin 2024, dans la commune d’Okondja, chef-lieu du département de la Sébé-Brikolo. Ce jour-là, dame Esther Diki Nzoghet ressent un profond malaise après avoir bu un verre de jus. Évacuée d’urgence vers le centre médical de la ville, elle y rend tragiquement l’âme peu après son admission.


Les investigations menées par la brigade de gendarmerie locale mettent rapidement en cause la propre fille de la victime. Interrogée par les enquêteurs, l’adolescente finit par passer aux aveux. Elle explique ne plus supporter les réprimandes de sa mère concernant ses sorties nocturnes et sa relation amoureuse. Pour contourner cette autorité parentale, elle introduit du camphre dans la boisson de sa génitrice, avec l’intention, selon ses déclarations, de l’endormir pour la nuit afin de pouvoir s’éclipser. Un plan imprudent qui a viré au drame ultime.


Placée sous mandat de dépôt à la prison centrale de Franceville le 21 juin 2024, la jeune prévenue y passe environ six mois avant de bénéficier d’une liberté provisoire. Tout au long de la procédure, de l’enquête préliminaire jusqu’à la barre, elle est restée constante dans ses déclarations, reconnaissant les faits.

Tenant compte de son jeune âge, le Ministère public a sollicité des circonstances atténuantes. Son conseil, Me Yoni Andy Nkum’Enguie, a quant à lui plaidé pour le sursis en s’appuyant sur l’article 184 du Code de l’enfant. Convaincue de l’absence d’intention donneuse de mort, la juridiction a finalement requalifié les faits d’empoisonnement en homicide involontaire, prononçant une peine équivalant à cinq mois de prison ferme.