Bélinga : Près de 300 milliards de FCFA mobilisés, mais Fortescue doit encore franchir l’étape décisive.
2026-10-19 14:09:00
Le projet de fer de Bélinga, dans le nord-est du Gabon, poursuit sa phase préparatoire malgré des investissements cumulés estimés à 510 millions de dollars, soit près de 300 milliards de FCFA, selon des informations rapportées le 13 octobre 2026 par The Australian. Fortescue et son partenaire intensifient les travaux d’exploration, mais la décision finale d’investissement nécessaire au développement industriel de la mine reste attendue. L’enjeu consiste désormais à transformer les dépenses engagées en infrastructures opérationnelles, en exportations et en recettes pour le Gabon.
Le projet minier de Bélinga poursuit sa progression, sans avoir encore franchi le cap de l’exploitation industrielle à grande échelle. Selon les informations rapportées le 13 octobre 2026 par The Australian, Fortescue et son partenaire ont mobilisé environ 510 millions de dollars depuis le lancement de leur implication dans le projet, dont 108 millions de dollars supplémentaires en 2026. Ce montant représente près de 300 milliards de FCFA, sur la base d’un taux de conversion arrondi. Malgré ces engagements financiers importants, le groupe australien poursuit les travaux préparatoires sans avoir annoncé de décision finale d’investissement pour développer la mine à grande échelle.
Depuis son arrivée sur le projet en 2022, Fortescue multiplie les campagnes de reconnaissance afin de mieux évaluer le potentiel des gisements de Bélinga, Batouala et Boka Boka. Une première cargaison expérimentale de 11 000 tonnes de minerai avait été exportée en 2023. Depuis, les travaux de forage se sont intensifiés, avec plus de 230 000 mètres réalisés selon les informations publiées en octobre. Le groupe prévoit également 375 000 mètres supplémentaires pour approfondir la connaissance des ressources. Ces opérations doivent contribuer à préciser les caractéristiques des gisements et les conditions techniques nécessaires à une exploitation rentable.
Le principal défi réside toutefois dans les infrastructures indispensables à la mise en production. L’exploitation à grande échelle nécessite notamment une liaison ferroviaire pour transporter le minerai, un port en eau profonde pour les exportations et un barrage destiné à alimenter les installations en énergie. Ces équipements constituent des investissements majeurs dont la coordination conditionnera la viabilité du projet. Lors de sa rencontre avec Andrew Forrest, le 29 septembre 2026, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a demandé une progression coordonnée des différentes composantes. L’objectif est d’éviter qu’un retard sur l’une des infrastructures ne compromette l’ensemble du calendrier industriel.
En attendant cette phase, les travaux préparatoires génèrent déjà une activité économique autour du projet. Fortescue revendique plus de 1 250 emplois créés et 270 millions de dollars d’achats auprès d’entreprises gabonaises sur cinq ans. Le lancement de la construction d’un futur pôle opérationnel à Makokou constitue également une étape dans l’implantation locale du groupe. Ces retombées doivent néanmoins être distinguées de celles qu’engendrerait une exploitation industrielle durable. La mise en production pourrait ouvrir des perspectives supplémentaires en matière d’emplois, de sous-traitance, de logistique et de recettes publiques, sous réserve des conditions économiques et contractuelles du projet.
La prochaine échéance déterminante sera la présentation du plan de développement et des évaluations environnementales, annoncée pour la fin de 2026 selon The Australian. Ces documents doivent contribuer à préciser les conditions techniques, économiques et environnementales de l’exploitation. Pour le Gabon, l’enjeu dépasse la seule valorisation d’un gisement : il s’agit de s’assurer que les investissements se traduisent par une activité productive, des exportations régulières et des retombées durables pour l’économie nationale. Après plusieurs années d’exploration et des centaines de milliards de FCFA engagés, Bélinga entre dans une phase où la capacité à coordonner les infrastructures et à sécuriser la décision d’investissement sera déterminante.