Sécurité énergétique : Le Gabon poussé à revoir son code pétrolier.
2026-10-19 13:04:00
Les récentes pénuries de carburants remettent au premier plan la question de la sécurité énergétique au Gabon. Réunis le 13 octobre 2026 à Libreville autour du ministre du Pétrole et du Gaz, Clotaire Kontchou, plusieurs acteurs du secteur ont abordé la révision du cadre pétrolier et gazier ainsi que l’augmentation des capacités de stockage. Deux chantiers stratégiques dont la portée dépendra de leur traduction en mesures concrètes, en investissements et en résultats pour l’économie nationale.
Les ruptures d’approvisionnement en carburants ont rappelé les fragilités de la chaîne énergétique gabonaise. Malgré ses ressources en hydrocarbures, le pays demeure confronté à des difficultés d’approvisionnement qui affectent les ménages, les transporteurs et les entreprises. Dans ce contexte, la réunion stratégique organisée le 13 octobre 2026 à Libreville autour du ministre du Pétrole et du Gaz, Clotaire Kontchou, a mis en avant deux axes de travail : la révision du code pétrolier et gazier et le renforcement des capacités de stockage des produits pétroliers. L’objectif affiché est de mieux encadrer l’activité du secteur tout en réduisant le risque de nouvelles pénuries.
La révision du cadre juridique doit permettre de réexaminer les règles applicables aux opérateurs et les conditions dans lesquelles les ressources pétrolières et gazières sont exploitées. Pour les pouvoirs publics, l’enjeu est de concilier l’attractivité du secteur pour les investisseurs avec une meilleure prise en compte des intérêts économiques nationaux. Cela suppose notamment d’évaluer les conditions de mobilisation des recettes publiques, les obligations des opérateurs et les possibilités de renforcer la participation de l’économie locale aux activités liées aux hydrocarbures. La portée de la réforme dépendra toutefois des dispositions finalement retenues et de leur capacité à répondre aux difficultés structurelles du secteur.
La sécurité énergétique exige également des infrastructures adaptées. Au cours de la rencontre, des échanges ont été engagés avec GSEZ Gabon, la Société gabonaise de raffinage (SOGARA) et la Société gabonaise d’entreposage des produits pétroliers (SGEPP) autour d’un plan d’augmentation des capacités de stockage. Ces installations jouent un rôle essentiel dans la constitution des stocks, la gestion des flux d’approvisionnement et l’absorption des aléas logistiques. Des capacités suffisantes peuvent offrir une marge de sécurité en cas de retard dans les livraisons ou de perturbation de la distribution. Encore faut-il que les volumes supplémentaires, les moyens de financement et le calendrier de mise en œuvre soient clairement définis.
La question dépasse les seules infrastructures. L’efficacité du dispositif dépend aussi de la coordination entre les acteurs de l’importation, du raffinage, du stockage et de la distribution. Une meilleure planification des besoins, une visibilité accrue sur les niveaux de stocks et des mécanismes de suivi plus rigoureux pourraient contribuer à anticiper les tensions. Dans le même temps, les investissements nécessaires devront être évalués en fonction de leur coût, de leur capacité opérationnelle et de leur contribution à la continuité de l’approvisionnement. Sans objectifs mesurables, les annonces de renforcement des capacités risquent de rester difficiles à apprécier au regard des besoins réels du marché.
Pour le Gabon, le défi consiste donc à transformer les ressources pétrolières en sécurité énergétique et en retombées économiques durables. La réforme du code peut redéfinir les conditions d’exploitation et de partage de la valeur, tandis que le développement du stockage doit contribuer à sécuriser l’approvisionnement intérieur. Les deux démarches sont complémentaires, mais elles ne produiront d’effets que si elles s’accompagnent d’investissements effectifs, d’une gouvernance claire et d’un calendrier suivi. À terme, les résultats devront se mesurer à des critères simples : des stocks suffisants, moins de ruptures de distribution et une meilleure contribution du secteur pétrolier aux finances publiques et à l’économie nationale.