CESEC : crimes de sang et Iboga à l'ouverture de la cession 2026



2026-02-18 11:12:00

Réuni en session ordinaire pour 21 jours, le Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC) lance un double chantier sensible : la recrudescence des crimes de sang avec en toile de fond le débat sur la peine de mort et la valorisation stratégique de l’Iboga, patrimoine national à protéger.



En présence du vice-président du gouvernement, le Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC) a ouvert, hier à son siège, sa première session ordinaire de l’année 2026. Pendant trois semaines, l’institution consultative entend se pencher sur deux dossiers jugés prioritaires : la recrudescence des crimes de sang et la valorisation de l’Iboga. Pour le président du CESEC, Guy-Bertrand Mapangou, ces thématiques sont en « parfaite résonance » avec les chocs sociaux et les défis structurels auxquels le Gabon fait face. L’inscription à l’ordre du jour de la montée des crimes violents avec en arrière-plan la question d’un possible retour de la peine de mort  constitue un signal politique fort.

Toutefois, le responsable se veut nuancé. Il assure que la démarche ne traduit ni une remise en cause des principes fondamentaux des droits de l’Homme et de l’État de droit, ni un plaidoyer pour une sanction irréversible. L’objectif affiché est plutôt de susciter une prise de conscience collective face à des actes qualifiés d’extrême brutalité. « En appelant à ce débat, le CESEC a entendu provoquer un électrochoc à la hauteur de la gravité des faits observés », a-t-il déclaré.

L’institution s’interroge ainsi sur l’efficacité de l’arsenal répressif face aux crimes crapuleux de sang et plaide pour une réflexion plurielle. Selon Guy-Bertrand Mapangou, le président de la République a instruit le CESEC de mener une consultation élargie des forces vives de la Nation afin d’identifier des réponses adaptées à ce phénomène préoccupant. Le débat annoncé pourrait raviver les lignes de fracture entre défenseurs des droits humains et partisans d’un durcissement judiciaire. Parallèlement, la session accorde une place stratégique à l’Iboga. Plante sacrée au cœur des pratiques traditionnelles et objet d’un intérêt scientifique croissant, elle est perçue comme un levier potentiel de développement économique et de recherche.

Le CESEC dresse toutefois un constat préoccupant : malgré son potentiel reconnu, la filière reste insuffisamment structurée et exposée à des risques de surexploitation, de biopiratage et d’appropriation illégitime des savoirs traditionnels. Face à ces menaces, l’institution plaide pour l’organisation d’une filière responsable et pour une protection juridique renforcée des connaissances ancestrales.

Guy-Bertrand Mapangou appelle ainsi les autorités à franchir un cap en déclarant l’Iboga « patrimoine national inaliénable », estimant que les convoitises internationales se multiplient autour de cette ressource stratégique. En se positionnant sur ces deux fronts sécuritaire et patrimonial  le CESEC entend réaffirmer son rôle de pilier du dialogue national et de laboratoire d’idées au service de l’action publique. Les conclusions de cette session 2026 pourraient, à terme, peser sur l’agenda gouvernemental et remodeler le débat national.