Réformes institutionnelles : une feuille de route ambitieuse encore freinée par les moyens
2026-02-18 11:01:00
Le ministère de la Réforme et des Relations avec les institutions affiche un programme structuré pour les cent premiers jours, mais l’absence de financement retarde sa mise en œuvre.
Présentée comme une déclinaison opérationnelle du projet présidentiel et du Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030, la feuille de route des cent jours du Ministère de la Réforme et des Relations avec les institutions s’articule autour de cinq axes prioritaires et de seize activités. Porté par le ministre François Ndong Obiang, ce programme entend accompagner la transformation institutionnelle engagée dans le cadre de la nouvelle Constitution. Malgré son ambition affichée, le plan se heurte pour l’heure à une contrainte déterminante : l’absence de budget mobilisé pour lancer les chantiers annoncés.
Le premier axe concerne le pilotage stratégique des réformes institutionnelles, notamment l’adaptation des textes régissant les institutions constitutionnelles et républicaines ainsi que la définition d’une architecture administrative plus cohérente. Le deuxième pilier vise à renforcer les relations entre l’Exécutif et les institutions, avec pour objectif de consolider le dialogue républicain, d’améliorer la collaboration interinstitutionnelle et de favoriser une meilleure appropriation du message présidentiel par les citoyens. Ces orientations structurantes demeurent toutefois suspendues à la disponibilité des ressources financières nécessaires à leur mise en œuvre.
Les trois autres axes portent sur la gouvernance publique et la discipline institutionnelle, les réformes politiques et le renforcement de la démocratie, ainsi que la communication et la pédagogie des réformes. Ensemble, ils dessinent le rôle stratégique confié à ce ministère dans la consolidation de la Ve République. Mais sans exécution budgétaire effective, cette feuille de route reste pour l’instant au stade programmatique, illustrant le décalage fréquent entre ambition institutionnelle et contraintes financières dans la conduite des réformes publiques.