Cour des comptes : Alex Moutsiangou remplacé en pleine offensive sur les 1 700 milliards
2026-09-17 10:25:00
Quelques jours après l’annonce du recouvrement de près de 1 700 milliards de FCFA de débets et d’amendes, Alex Euv Moutsiangou quitte la première présidence de la Cour des comptes. Un changement à la tête de la juridiction financière qui intervient à un moment particulièrement sensible.
La décision est tombée à l’issue de la réunion du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), tenue le 16 septembre à Port-Gentil. Alex Euv Moutsiangou est désormais conseiller au Secrétariat permanent du CSM. À la tête de la Cour des comptes, il est remplacé par Pamphile Moussavou Ibouanga. Le communiqué du CSM ne précise toutefois pas les raisons de cette réorganisation, laissant entière la question de son contexte et de sa portée.
Ce changement intervient surtout quelques jours après une annonce majeure : la volonté de recouvrer près de 1 700 milliards de FCFA correspondant à des débets et amendes prononcés par les juridictions financières entre 1994 et 2022. Une offensive destinée à remettre sur la table des créances publiques accumulées pendant près de trois décennies. Les personnes concernées avaient été invitées à régulariser leur situation avant l’éventuel déclenchement des procédures de recouvrement.
Pour autant, aucun élément officiel ne permet à ce stade d’établir un lien entre le départ d’Alex Moutsiangou et cette opération. Ni le CSM ni la Cour des comptes n’ont évoqué une sanction ou une quelconque conséquence liée au dossier des 1 700 milliards. La prudence reste donc de mise, alors même que le calendrier interpelle : le changement intervient précisément au moment où l’annonce du recouvrement doit désormais laisser place à l’exécution concrète.
Avec Pamphile Moussavou Ibouanga, la Cour des comptes ouvre ainsi une nouvelle séquence. Le nouveau premier président devra notamment donner une traduction opérationnelle aux décisions financières accumulées depuis 1994 et répondre à une attente essentielle : transformer les débets et amendes prononcés en recouvrements effectifs. Car au-delà du montant spectaculaire de 1 700 milliards de FCFA, c’est désormais la capacité de l’institution à faire appliquer ses propres décisions qui se retrouve au centre de l’attention.