DGI : 347 milliards FCFA de recettes supplémentaires visés d’ici 2027
2026-07-08 10:44:00
Avec un objectif de 1 349,7 milliards FCFA de recettes fiscales en 2027, contre 1 002,2 milliards en 2023, la Direction générale des impôts (DGI) engage une profonde transformation de son administration. Plus qu'une simple quête de recettes, cette stratégie traduit la volonté du Gabon de renforcer son autonomie budgétaire en s'appuyant sur la modernisation fiscale plutôt que sur une augmentation de la pression fiscale.
Le pari est ambitieux : mobiliser près de 347,5 milliards FCFA de recettes fiscales supplémentaires en seulement quatre ans. Pour y parvenir, la DGI mise sur son Plan stratégique 2025-2027, qui marque un changement d'approche dans la politique fiscale nationale. L'objectif n'est pas d'augmenter les impôts, mais de mieux les collecter. Cette stratégie repose sur quatre piliers : le renforcement de la gouvernance, la modernisation des services, l'amélioration des performances des agents et, surtout, l'élargissement de l'assiette fiscale. Autrement dit, l'administration entend intégrer davantage d'opérateurs économiques dans le système fiscal et améliorer le recouvrement des impôts existants, afin de réduire progressivement la dépendance du budget de l'État aux revenus pétroliers.
La transformation numérique constitue le principal levier de cette ambition. La DGI prévoit la digitalisation complète de ses activités à travers le déploiement de la plateforme Digitax, de l'application mobile Mobitax, des solutions de télépaiement ainsi que d'un système de gestion électronique des documents. En parallèle, l'interconnexion des bases de données avec la Douane, le Trésor public, la CNSS et la Chambre de commerce devrait permettre de détecter plus rapidement les incohérences déclaratives, de mieux lutter contre la fraude et d'identifier les activités économiques encore en dehors du circuit fiscal. Cette modernisation vise également à simplifier les démarches des contribuables, à réduire les délais de traitement et à renforcer la transparence de l'administration fiscale.
Au-delà des objectifs financiers, cette réforme s'inscrit dans une stratégie plus large de consolidation des finances publiques, alors que le Gabon poursuit ses discussions avec le Fonds monétaire international (FMI) et cherche à restaurer durablement sa crédibilité budgétaire. Sur le papier, le pari apparaît cohérent : accroître les recettes sans alourdir les taux d'imposition est une approche susceptible de préserver la compétitivité de l'économie tout en renforçant les ressources de l'État. Sa réussite dépendra toutefois de deux conditions essentielles : la capacité de l'administration à conduire efficacement sa transformation numérique et celle des acteurs économiques, notamment du secteur informel, à intégrer progressivement le système fiscal. C'est de cet équilibre que dépendra la capacité du Gabon à bâtir un modèle de financement public plus résilient et moins exposé aux fluctuations des marchés pétroliers.