Fougamou : des logements sociaux abandonnés depuis 20 ans tombent en ruine



2026-05-16 15:42:00

À Fougamou, dans la province de la Ngounié, un projet immobilier destiné aux agents des Affaires sociales symbolise aujourd’hui l’échec des chantiers publics inachevés. Vingt ans après l’arrêt brutal des travaux, des bâtiments réalisés à près de 80 % se dégradent sous les regards impuissants des habitants.



Au cœur de la commune de Fougamou, les carcasses de béton des anciens logements des Affaires sociales sont devenues le symbole silencieux d’un immense gâchis public. Lancé il y a près de deux décennies, ce projet devait offrir des habitations modernes aux agents chargés de l’accompagnement des familles vulnérables, des personnes âgées et des enfants en difficulté. À l’époque, l’initiative incarnait l’ambition de renforcer les services sociaux de proximité dans cette localité de la Ngounié. Mais aujourd’hui, les bâtiments inachevés ne sont plus que des structures abandonnées envahies par les herbes folles, alimentant l’incompréhension et la colère des populations locales.

Le plus troublant dans ce dossier reste l’état avancé des travaux au moment de leur interruption. Selon les informations relayées par Fougamou Actu, trois imposants bâtiments avaient déjà été construits et les aménagements intérieurs étaient largement engagés. Le chantier aurait atteint près de 80 % de réalisation avant d’être brutalement abandonné. Depuis, le temps et les intempéries ont transformé ces infrastructures en ruines inquiétantes. Les toitures ont disparu, certaines installations auraient été pillées et les fissures gagnent progressivement les murs fragilisés par l’érosion. Pour les habitants, voir se dégrader un projet aussi avancé constitue un véritable crève-cœur, d’autant plus que ces logements devaient améliorer les conditions de travail et de vie des agents des Affaires sociales dans la région.

Face à cette situation, le silence des autorités alimente désormais frustration et suspicion. Aucune explication officielle claire n’a été fournie sur les raisons exactes de l’arrêt du chantier. Difficultés financières, mauvaise gestion administrative ou conflits internes : les hypothèses se multiplient au sein de la population. Pour beaucoup de riverains, ce mutisme renforce le sentiment d’abandon et d’impunité autour de la gestion des projets publics. Les habitants réclament désormais des réponses concrètes ainsi qu’une relance rapide des travaux avant que les bâtiments ne deviennent totalement irrécupérables. Car au-delà de la dégradation matérielle, cette affaire pose une question plus profonde : celle de la responsabilité dans le gaspillage des investissements publics et du respect des engagements pris envers les populations locales.