Parafiscalité : le gouvernement révèle que 75 % des prélèvements seraient illégaux



2026-05-16 15:39:00

Le gouvernement gabonais veut frapper fort contre les prélèvements parafiscaux jugés illégaux. Selon les autorités, près des trois quarts des taxes supportées par les opérateurs économiques échapperaient au cadre légal et ne profiteraient même pas au Trésor public, aggravant ainsi la pression sur les entreprises et le coût de la vie.



Réuni le 13 mai 2026 à Libreville autour du vice-président du gouvernement Hermann Immongault, l’exécutif gabonais a dressé un constat préoccupant sur l’état de la parafiscalité dans le pays. Selon les conclusions présentées par Abdu Razzaq Guy Kambogo, seuls 25 à 30 % des prélèvements actuellement imposés aux opérateurs économiques seraient conformes à la loi de finances. Le reste, soit près de 75 %, échapperait au cadre légal et ne serait même pas reversé dans les caisses de l’État. Une situation que le gouvernement considère désormais comme un facteur majeur de déséquilibre économique et de renchérissement du coût de la vie pour les populations.

Pour les autorités, le problème ne réside pas dans le principe même de la parafiscalité, mais dans les multiples dérives observées sur le terrain. « Ce qui est mauvais, ce n’est pas la parafiscalité en tant que telle, mais les usages qu’on en fait », a notamment déclaré le secrétaire général du gouvernement. En pratique, ces prélèvements supplémentaires supportés par les entreprises finissent par être répercutés sur les prix des biens et services consommés par les ménages. Le gouvernement estime ainsi que cette prolifération de taxes et contributions non réglementées participe directement à l’inflation et fragilise davantage le tissu économique national. Dans un contexte marqué par la lutte contre la vie chère, l’assainissement de ce système apparaît désormais comme une priorité politique et économique pour l’exécutif.

Deux axes majeurs ont été définis à l’issue de cette réunion stratégique. Le premier consiste à identifier précisément tous les prélèvements légalement autorisés afin de distinguer clairement les taxes conformes de celles considérées comme irrégulières. Le second vise à engager rapidement une réforme profonde des mécanismes de collecte parafiscale afin de supprimer les pratiques illégales et restaurer davantage de transparence. À travers cette démarche, le gouvernement veut réduire la pression financière sur les entreprises, améliorer l’environnement des affaires et protéger le pouvoir d’achat des populations. Cette offensive contre les prélèvements illicites pourrait également permettre à l’État de reprendre le contrôle d’importants flux financiers qui échappaient jusqu’ici au circuit budgétaire officiel.