Port de la tenue pagne le vendredi : Oligui Nguema montre l'exemple
2026-05-16 15:40:00
Désormais imposé chaque vendredi dans l’administration publique, le port du pagne prend une nouvelle dimension au Gabon. Le retour du président Brice Clotaire Oligui Nguema à Libreville, accueilli par des responsables vêtus de tenues africaines, a illustré la volonté des autorités de faire de la culture un pilier du « Nouveau Gabon ».
L’image a marqué les esprits à l’aéroport international Léon-Mba de Libreville. À son retour d’une tournée diplomatique à travers l’Angola, Djibouti, le Kenya, l’Ouganda et le Rwanda, Brice Clotaire Oligui Nguema est apparu vêtu d’une chemise pagne ornée des blasons des neuf provinces du Gabon. Autour de lui, membres du gouvernement, responsables d’institutions et collaborateurs arboraient eux aussi des tenues africaines, offrant une démonstration visuelle forte de l’entrée en vigueur du décret instituant le port obligatoire du pagne chaque vendredi dans l’administration publique. À travers cette mesure, les autorités gabonaises affichent clairement leur volonté d’ancrer davantage l’identité culturelle nationale au cœur de la vie institutionnelle.
Le décret n°0215/PR du 6 mai 2026 encadre précisément cette nouvelle disposition, en définissant les tenues autorisées ainsi que les sanctions prévues en cas de non-respect. Le texte prévoit notamment qu’un agent public ne respectant pas cette obligation pourra se voir refuser l’accès à son service, sans exclure d’éventuelles sanctions disciplinaires. Présent à l’accueil présidentiel, Paul Ulrich Kessany a défendu cette orientation comme un instrument de valorisation des traditions et de transmission culturelle à la jeunesse. Selon lui, le port de la tenue africaine dépasse largement la simple dimension vestimentaire : il participe à l’affirmation identitaire du pays et s’inscrit dans une dynamique panafricaine visant à renforcer les liens culturels entre les peuples africains.
Mais au-delà du symbole, le gouvernement veut également faire du pagne un levier économique. Dans son allocution, le ministre du Rayonnement culturel a mis en avant les perspectives offertes aux stylistes, artisans, couturiers et créateurs locaux grâce à la promotion du « Made in Gabon ». Il a notamment plaidé pour la création d’une unité nationale de production textile inspirée de l’ancienne Sotega, afin de reconstruire une véritable filière industrielle du textile capable de soutenir la demande nationale et de créer des emplois. Cette politique culturelle s’inscrit ainsi dans la vision du « Nouveau Gabon » portée par les autorités, où culture, économie et souveraineté identitaire sont désormais présentées comme des piliers complémentaires du développement national.