Gabon : un inventaire national du Kevazingo pour renforcer la transparence forestière



2026-04-02 09:59:00

Du 1er au 14 avril 2026, le Gabon déploie une mission nationale d’inventaire des stocks de Kevazingo. Une opération stratégique visant à assainir la filière bois, renforcer la traçabilité et répondre aux exigences internationales en matière de protection des espèces.



Dans une volonté affirmée de renforcer la transparence et la crédibilité de sa filière bois, le gouvernement gabonais engage une nouvelle étape majeure. Le ministère des Eaux et Forêts a annoncé le lancement d’un vaste inventaire national des stocks de Kevazingo, prévu du 1er au 14 avril 2026, avec un accent particulier sur les volumes dits « pré-convention ».

Cette opération d’envergure nationale dépasse le simple cadre administratif. Elle s’inscrit dans une dynamique de contrôle rigoureux et de gouvernance renforcée des ressources forestières. Pour garantir la fiabilité des résultats, les autorités ont opté pour une approche inclusive et multisectorielle. Des équipes mixtes ont ainsi été constituées, réunissant des agents assermentés des Eaux et Forêts, des éléments des forces de défense et de sécurité, ainsi que des représentants d’organisations non gouvernementales et de la presse.

L’objectif est clair : assurer une traçabilité irréprochable des grumes et des produits dérivés, tout en intensifiant la lutte contre l’exploitation illégale du Kevazingo, une essence précieuse et hautement convoitée. Cette surveillance élargie vise également à restaurer la confiance autour de la gestion des stocks forestiers, souvent au cœur de controverses.

Sur le plan juridique, cette mission s’appuie sur un cadre strict, notamment le décret du 21 octobre 2024 régissant l’exploitation du Kevazingo. Elle répond aussi aux engagements internationaux du Gabon, en particulier ceux liés à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES).

Cette initiative intervient dans la continuité du processus de déclaration lancé en juillet 2025, qui imposait aux directeurs provinciaux de fournir un état détaillé des stocks de bois dits pré-convention. En clarifiant la situation de ces réserves anciennes, les autorités entendent démontrer la transparence du pays sur la scène internationale et consolider une exploitation durable de ses ressources.

Le ministère des Eaux et Forêts appelle ainsi l’ensemble des opérateurs économiques du secteur à faire preuve d’une collaboration « franche et totale ». L’enjeu est crucial : améliorer la gouvernance forestière, préserver la biodiversité et renforcer l’image du Gabon en tant qu’acteur engagé de l’économie verte.

À travers cette opération, le pays réaffirme que la protection de son « or vert » constitue une priorité nationale, inscrite au cœur de sa stratégie de développement durable.