Libreville : le maire durcit la lutte contre les dépôts sauvages des ordures et menace désormais de sanctions
2026-08-15 08:13:00
Face à la persistance des dépôts anarchiques d’ordures, la mairie de Libreville passe d’une logique de sensibilisation à une logique de contrôle et de répression, avec la création annoncée d’une brigade municipale.
La mairie de Libreville entend désormais franchir un cap dans la lutte contre l’insalubrité. Dans un communiqué daté du 13 août 2026, le maire Eugène M’ba rappelle aux habitants les règles encadrant le dépôt des ordures ménagères et annonce des sanctions pénales contre les contrevenants. Selon les dispositions rappelées par la municipalité, les déchets doivent être conditionnés dans des sacs poubelles fermés et déposés directement dans les camions de collecte entre 18 heures et 21 heures. L’enjeu est de mettre fin aux dépôts effectués sur les trottoirs, les terrains vagues ou les abords des routes, qui contribuent à dégrader le cadre de vie et peuvent également favoriser l’obstruction des ouvrages d’évacuation des eaux. La mairie précise par ailleurs que les déchets commerciaux, industriels et biomédicaux ne doivent pas être assimilés aux ordures ménagères et doivent être pris en charge par des prestataires agréés.
Cette nouvelle posture municipale intervient dans un contexte où l’insalubrité de la capitale fait l’objet d’une attention croissante. Quelques jours avant cette mise en demeure, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, avait effectué une visite dans plusieurs arrondissements de Libreville, au cours de laquelle la question de la propreté urbaine avait notamment été soulevée, particulièrement à Nzeng-Ayong, dans le sixième arrondissement. La mairie annonce donc la constitution d’une Brigade municipale chargée de constater et de réprimer les infractions liées à la gestion et au dépôt des déchets. Mais cette évolution soulève une question essentielle : la répression suffira-t-elle à résoudre un problème qui relève aussi de l’organisation du service public ? Sanctionner les comportements irresponsables peut contribuer à changer les habitudes, mais l’efficacité d’une telle politique dépendra également de la régularité de la collecte, de la disponibilité des équipements, de l’accessibilité des points de dépôt et de la capacité des services municipaux à faire respecter les règles de manière équitable.
Le véritable défi pour Libreville est donc de parvenir à instaurer une chaîne de propreté cohérente, dans laquelle chacun connaît et assume sa responsabilité. La mairie doit assurer un service de collecte efficace et contrôlable ; les ménages et les commerces doivent respecter les horaires et les modalités de dépôt ; les autorités doivent, de leur côté, garantir l’application des sanctions prévues par les textes. Car l’insalubrité n’est pas seulement une question d’esthétique urbaine : elle pèse sur la santé publique, l’environnement, la mobilité et l’attractivité économique de la capitale. Une ville propre réduit certains coûts liés aux déchets, protège ses infrastructures et améliore son image auprès des habitants comme des investisseurs. Le passage à la répression peut donc constituer un tournant, à condition qu’il s’accompagne d’un service public de collecte à la hauteur des ambitions affichées.