« Mbanié : perdue juridiquement, pas encore définitivement » : Ali Akbar Onanga Y’Obegue appelle à une riposte stratégique de l’État



2026-04-02 14:29:00

Dans une tribune dense et argumentée, Ali Akbar Onanga Y’Obegue, docteur en droit et ancien ministre, livre une analyse sans concession de la situation du Gabon après la décision de la Cour internationale de justice sur les îles Mbanié, Conga et Cocotiers.



Son constat est clair : si la bataille juridique est désormais perdue, la partie politique, diplomatique et stratégique reste ouverte. Fort de son expérience au cœur du dossier, il critique le silence du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), qu’il accuse d’avoir manqué à son devoir d’anticipation face à une décision pourtant prévisible.

L’ancien responsable met en lumière une distinction essentielle : l’arrêt de la Cour tranche la question de la souveraineté, mais laisse ouverts plusieurs champs de négociation, notamment sur les ressources naturelles, la délimitation maritime et les droits économiques. Pour lui, ces marges constituent autant de leviers que le Gabon doit impérativement activer. Il insiste également sur un point stratégique majeur souvent ignoré du débat public : les implications territoriales de la convention franco-espagnole de 1900 pourraient offrir au Gabon un avantage dans certaines zones terrestres, notamment autour d’Ebebiyin et Mongomo, renforçant ainsi sa position dans d’éventuelles négociations avec la Guinée équatoriale.

Au-delà de l’analyse juridique, Ali Akbar Onanga Y’Obegue appelle à une mobilisation politique nationale. Il plaide pour l’organisation d’un référendum, conformément à la Constitution, afin de donner une légitimité populaire à toute décision relative à l’exécution de l’arrêt. Selon lui, cette consultation ne serait pas seulement une obligation légale, mais un véritable instrument de puissance diplomatique. En filigrane, sa tribune pose une question centrale : le Gabon saura-t-il transformer une défaite judiciaire en opportunité stratégique, ou s’achemine-t-il vers une perte totale, faute d’anticipation et de vision ?