Pêche : Pourquoi le Gabon rompt son accord de partenariat, vieux de 19 ans avec l’Union européenne
2026-07-07 17:51:00
L’accord de partenariat dans le secteur de la pêche signé il y a 19 ans entre le Gabon et l’Union européenne, est arrivé à son terme le 29 juin 2026. Et le gouvernement a décidé de ne plus reconduire cet accord, estimant « qu’il ne répond plus aux intérêts stratégiques de la Nation ». BiBa 241 apprend que l’accord conclu en 2007 a déjà fait l’objet de plusieurs évaluations, mettant en exergue « un déséquilibre structurel dans les retombées économiques qu’il générait pour le Gabon ».
L’on apprend par exemple qu’une part prépondérante des ressources halieutiques exploitées dans les eaux du Gabon était destinée aux marchés extérieurs, limitant le développement d’une industrie locale de transformation, la création d’emplois et la valorisation nationale de cette richesse.
En décidant de ne pas reconduire l’accord avec l’UE, le Gabon montre sa volonté d’exercer pleinement sa souveraineté sur ses ressources maritimes et d’engager une nouvelle dynamique de développement du secteur halieutique. Il est question de faire de la pêche un vrai moteur de diversification économique, fondé sur la transformation locale, le renforcement de la sécurité alimentaire, la création de valeur ajoutée et l’émergence d’un tissu industriel national compétitif.
« Cette décision traduit également la détermination des plus hautes autorités à rompre avec un modèle économique reposant essentiellement sur l’exportation de ressources brutes. Désormais, les richesses issues des eaux gabonaises devront contribuer prioritairement à la prospérité nationale, en bénéficiant aux opérateurs économiques, aux populations et au développement durable du pays, dans le respect des engagements internationaux de la République gabonaise en matière de gestion responsable des ressources halieutiques » peut-on lire sur le portail officiel du gouvernement Gabonais.
Brice Clotaire Oligui Nguema, Président de la République du Gabon, en validant cette rupture, réaffirme son ambition de bâtir une économie plus souveraine, plus résiliente et davantage créatrice de valeur. Elle s’inscrit pleinement dans la vision d’un Gabon moderne, compétitif et prospère, où les richesses nationales sont d’abord mises au service du développement du pays et du bien-être des Gabonaises et des Gabonais.
« Gab pêche » pour dynamiser le secteur halieutique
Avec ses 800 km de côtes et son potentiel en ressources halieutiques, le Gabon veut reprendre ce secteur en main. C’est pourquoi le projet « Gab pêche » a été lancé en août 2025. Objectif affiché : moderniser et professionnaliser cette filière au niveau local, en rendant les pêcheurs nationaux plus autonomes dans un secteur dominé à 95% par des étrangers. La nationalisation progressive de la filière halieutique ambitionne de rendre disponible les ressources halieutiques, en quantité et à des prix compétitifs, pour lutter contre la vie chère.
Le ministère de la Mer, de la Pêche et de l'Économie bleue poursuit le déploiement du projet Gab-Pêche. À Lambaréné, une vaste campagne de recensement a été lancée il y a quelques jours pour identifier les différents acteurs de la filière afin de leur permettre d'accéder à des équipements et à des mécanismes de financement adaptés à leurs activités.
Au sein de la Banque pour le commerce et l’entrepreneuriat du Gabon (BCEG), une ligne de crédit de 25 milliards FCFA (environ 44,2 millions de dollars) a été ouverte au profit des acteurs du secteur halieutique. Cette facilité financière, mise à disposition par l’Etat gabonais, permettra à la BCEG d’offrir des crédits à des taux fixés à 6 %, bien en deçà des taux habituellement pratiqués par les banques commerciales locales. Cela vise à faciliter l’investissement dans les équipements, la formation et la professionnalisation des activités de pêche artisanale. L'objectif étant de dynamiser les activités génératrices de revenus et favoriser la bancarisation des pêcheurs, souvent marginalisés par le système financier traditionnel.