Santé : le Gabon en quête de solutions contre les décès maternels



2026-04-10 09:07:00

Un atelier stratégique pour accélérer la réduction des décès maternels vient de s’ouvrir à Libreville.



Le Ministère de la Santé du Gabon, en partenariat avec le système des Nations Unies et la Fondation Ma Bannière, a lancé ce jeudi 9 avril 2026 un atelier de trois jours consacré à l’élaboration d’un « Plan d’accélération pour la réduction des décès maternels ». Les travaux se tiennent au complexe hôtelier La Sablière, réunissant autorités publiques, experts, partenaires techniques et acteurs de la société civile.

L’objectif est clair : bâtir une feuille de route nationale capable d’inverser la courbe encore préoccupante de la mortalité maternelle au Gabon. Un enjeu d’autant plus crucial que le pays présente une situation paradoxale : près de 95 % des accouchements se déroulent en structures de santé, mais le nombre de décès maternels demeure élevé.

Pour Sédenne Hounton, représentant du Fonds des Nations Unies pour la population, cette contradiction impose une analyse approfondie des causes. « Il est impératif de comprendre pourquoi, malgré un accès relativement large aux soins, des femmes continuent de mourir en donnant la vie », a-t-il souligné.

Parmi les principales causes identifiées figurent les hémorragies, l’hypertension, les complications liées à l’avortement et les insuffisances dans le suivi médical. À cela s’ajoutent des défis structurels tels que l’accès inégal aux soins dans certaines zones, le manque d’équipements et des dysfonctionnements dans l’organisation du système de santé. Les participants ont ainsi insisté sur l’urgence d’investir davantage dans la santé sexuelle et reproductive.

Les données de l’Organisation mondiale de la santé rappellent l’ampleur du défi à l’échelle continentale : en 2023, 178 000 décès maternels ont été enregistrés en Afrique, dont une majorité dans des contextes fragiles. Une situation qui interpelle sur la qualité des soins et la prise en charge globale des patientes.

De son côté, la ministre de la Santé, Elsa Nkana Joséphine Ayo Bivigou, a insisté sur la nécessité de passer à l’action. « Chaque décès maternel est une tragédie », a-t-elle déclaré, appelant à renforcer la qualité des soins, la coordination entre les acteurs et le suivi des femmes tout au long de leur parcours médical.

Au terme de cet atelier, des recommandations concrètes sont attendues, accompagnées de mécanismes de mise en œuvre adaptés aux réalités du terrain. En filigrane, une ambition forte : garantir à chaque femme le droit de donner la vie sans risquer de la perdre.