UA : vers une reconnaissance des crimes coloniaux



2026-02-17 12:56:00

Réunis à Addis-Abeba pour leur 39ᵉ sommet ordinaire, les dirigeants africains ont franchi une étape symbolique en qualifiant la colonisation de crime contre l’humanité, tout en appelant à une reconnaissance internationale plus large.



Les chefs d’État et de gouvernement africains se sont retrouvés le week-end écoulé à Addis-Abeba, en Éthiopie, à l’occasion de la 39ᵉ session ordinaire du Sommet de l’Union africaine (UA). Au terme des travaux, les dirigeants du continent ont réaffirmé, dimanche 15 février, leur volonté commune d’obtenir une reconnaissance historique des crimes liés à la colonisation.

« La conférence reconnaît la colonisation comme un crime contre l’humanité », a déclaré le représentant de Djibouti, Mahmoud Ali Youssouf, également président de la Commission de l’UA, cité par AfricaNews. Cette position s’inscrit dans la continuité des initiatives continentales, notamment la conférence internationale sur les crimes du colonialisme tenue à Alger les 30 novembre et 1er décembre 2025.

Pour les dirigeants africains, la résolution adoptée constitue une première étape vers une reconnaissance internationale plus formelle de ce pan de l’histoire. Dans cette dynamique, le président ghanéen John Dramani Mahama a annoncé son intention de déposer, en mars 2026, une résolution devant l’Assemblée générale des Nations Unies. L’objectif affiché est d’obtenir de la communauté internationale la qualification de la traite des esclaves africains comme « le plus grave crime contre l’humanité ».

Au-delà de cette question mémorielle, le sommet de l’Union africaine a également porté sur les priorités de développement durable, de paix et d’intégration continentale. Les échanges se sont déroulés dans un contexte sécuritaire préoccupant, marqué notamment par la persistance des violences dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), la crise au Soudan et l’instabilité chronique en Libye depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi après l’intervention de l’Otan.

En réaffirmant leur position commune, les dirigeants africains entendent désormais porter le débat au niveau international, avec l’espoir d’aboutir à une reconnaissance juridique et politique des crimes hérités de la période coloniale.