115 000 milliards FCFA d’investissements : Téné Birahima Ouattara ouvre de nouvelles perspectives à Libreville.
2026-08-21 11:42:00
En marge des célébrations du 66e anniversaire de l’indépendance du Gabon, le vice-Premier ministre ivoirien Téné Birahima Ouattara a adressé un message qui dépasse largement la communauté ivoirienne de Libreville. Entre stabilité, sécurité et ambitions économiques, Abidjan affiche sa volonté de poursuivre son expansion régionale. Pour le Gabon, cette dynamique peut représenter une opportunité, à condition d’en négocier les contreparties.
La rencontre entre le
vice-Premier ministre ivoirien Téné Birahima Ouattara et la diaspora à
Libreville a également porté un message qui dépasse le cadre communautaire.
En mettant en avant la stabilité et la sécurité de la Côte d'Ivoire, Abidjan
valorise son environnement économique. Ce discours s'adresse aussi aux
investisseurs et aux partenaires présents sur les marchés africains. Derrière
l'argument sécuritaire se dessine une ambition plus large de projection
économique régionale. Et le Gabon pourrait constituer l'un des espaces de
coopération les plus intéressants.
La Côte d'Ivoire affiche en
effet des ambitions économiques considérables à l'horizon 2030.
Près de 115 000 milliards FCFA d'investissements socio-économiques sont évoqués
dans cette trajectoire. Une telle dynamique renforce naturellement les
capacités de ses entreprises à se développer au-delà du marché national. Le
BTP, l'agro-industrie, les télécommunications et les services financiers
constituent notamment des secteurs structurés. Le Gabon, engagé dans une
stratégie de diversification et de modernisation, représente un marché
attractif. La proximité régionale et les liens économiques existants renforcent
également cette complémentarité potentielle.
Pour Libreville, cette
ouverture peut accélérer le développement de plusieurs secteurs encore
fragiles. Les entreprises ivoiriennes disposent d'une expérience qui pourrait
être mobilisée dans l'agro-industrie. La transformation alimentaire, la
distribution et certains services numériques offrent des possibilités de
coopération. Des partenariats bien structurés pourraient également contribuer à
réduire certaines dépendances aux importations lointaines. L'enjeu serait alors
de favoriser davantage d'échanges économiques et de chaînes de valeur
africaines.
Mais l'ouverture du marché gabonais ne peut produire des résultats positifs
sans un cadre clairement défini.
Le risque serait de
reproduire un schéma dans lequel le Gabon deviendrait uniquement un marché de
consommation. Un partenaire disposant d'entreprises plus structurées pourrait
naturellement conquérir des parts importantes du marché. C'est pourquoi les
accords économiques devront intégrer une véritable logique de réciprocité. Le
contenu local devra occuper une place centrale dans les projets et les
investissements. L'emploi des Gabonais et le recours aux entreprises nationales
devront également être pris en compte. Le partenariat ne doit pas seulement
créer de l'activité : il doit renforcer les capacités économiques locales.
Le véritable enjeu pour le
Gabon sera donc de négocier une coopération créatrice de valeur partagée. Les
investissements étrangers ou régionaux peuvent accélérer la modernisation de
secteurs stratégiques. Mais leur impact dépendra largement des conditions
fixées dès la conception des projets. Transfert de compétences, formation,
sous-traitance locale et création d'emplois devront être mesurables. La
dynamique ivoirienne représente ainsi une opportunité pour Libreville, mais
aussi un test de stratégie économique. L'objectif ne devra pas être simplement
d'attirer des entreprises, mais de construire des partenariats transformateurs.