40 ans de détention : Mba Nteme sollicite la clémence du chef de l’État



2026-09-01 09:16:00

Détenu depuis 1987 à la prison centrale de Libreville, Théophile Mba Nteme approche de quatre décennies derrière les barreaux. Dans un entretien rapporté par Youbi Infos Médias, il appelle le président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, à examiner sa situation et dit souhaiter le rencontrer personnellement afin de plaider pour sa libération.



Détenu depuis 1987 à la prison centrale de Libreville, Théophile Mba Nteme approche de quatre décennies derrière les barreaux. Dans un entretien rapporté par Youbi Infos Médias, il appelle le président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, à examiner sa situation et dit souhaiter le rencontrer personnellement afin de plaider pour sa libération.

Près de quarante ans derrière les barreaux. Le parcours carcéral de Théophile Mba Nteme figure parmi les plus longs évoqués dans le milieu pénitentiaire gabonais. Détenu depuis 1987, il devrait atteindre, en 2027, quatre décennies de détention.

C’est dans ce contexte que le détenu a décidé de s’adresser directement au chef de l’État. Dans une publication datée du samedi 29 août, le média en ligne Youbi Infos Médias rapporte les propos de Mba Nteme, recueillis lors d’un passage à la prison centrale de Libreville.

« Monsieur le Président Brice Clotaire Oligui Nguema, je veux vous rencontrer en tête-à-tête », aurait-il déclaré, exprimant ainsi son souhait de pouvoir présenter directement sa situation au président de la Transition.

« Après 40 ans de prison, je suis toujours enfermé »

Au cœur de son intervention, Mba Nteme s’interroge sur la durée de sa détention et sur l’absence, selon lui, de mesure ayant permis sa libération malgré les différentes grâces présidentielles intervenues au fil des années.

« Je ne comprends toujours pas pourquoi, après 40 ans de prison, je suis toujours enfermé alors qu’il y a eu plusieurs grâces présidentielles », aurait-il déclaré.

Son appel intervient alors que la question du sort des détenus condamnés à de très longues peines demeure particulièrement sensible. Dans son cas, l’ancienneté exceptionnelle de la détention soulève notamment la question des conditions juridiques dans lesquelles une éventuelle grâce ou mesure de clémence pourrait être examinée.

Des accusations qu’il continue de contester

Au cours de cet entretien, Mba Nteme revient également sur les accusations particulièrement graves qui lui sont attribuées, notamment celles de cannibalisme. Des accusations qu’il rejette catégoriquement.

« Je n’ai jamais mangé personne », affirme-t-il, selon les propos rapportés par Youbi Infos Médias.

Le détenu soutient que ces accusations seraient liées à un différend avec un ancien général, à la suite du décès d'une personne dans son temple lors d'une initiation. Ces éléments relèvent toutefois de sa propre version des faits et ne sauraient, en l’absence d’éléments judiciaires complémentaires, être présentés comme établis.

Mba Nteme conteste également certaines informations rapportées à son sujet au fil des années. Il dément notamment avoir fréquenté la présidence de la République sous le régime d’Omar Bongo et réfute le témoignage selon lequel il aurait été présent dans les sous-sols du palais présidentiel.

« Qui peut refuser la liberté ? »

Autre point évoqué : les rumeurs selon lesquelles Mba Nteme aurait lui-même refusé de sortir de prison. Là encore, l’intéressé rejette cette version.

« Qui peut refuser la liberté ? », aurait-il répondu.

À travers cette déclaration, le détenu entend surtout faire savoir qu’il souhaite retrouver la liberté et que sa situation puisse être réexaminée par les autorités compétentes.

Un appel au chef de l’État

L’appel de Théophile Mba Nteme intervient quelques jours après la célébration, au Gabon, de la Journée de la Libération, commémorant le 30 août 2023. Dans ce contexte marqué par les notions de rupture, de justice et de renouveau institutionnel, son cas vient remettre au premier plan la question des détentions de très longue durée.

Reste désormais à savoir si sa demande de grâce présidentielle sera examinée par les autorités et si le détenu pourra effectivement rencontrer le président Brice Clotaire Oligui Nguema.

Au-delà du seul cas de Mba Nteme, cette situation pose une question plus large : celle du réexamen des parcours carcéraux exceptionnellement longs et des mécanismes permettant, dans le respect du droit, d'envisager une mesure de clémence ou un réexamen de la situation des détenus concernés.