55,5 milliards pour l’emploi des jeunes : la BAD veut mesurer les résultats sur le terrain



2026-08-27 11:58:00

Le financement est mobilisé, le programme est en cours d’exécution et les attentes sont importantes. Avec plus de 55 milliards de FCFA apportés par la Banque africaine de développement pour renforcer l’employabilité des jeunes et améliorer la protection sociale, le Gabon entre désormais dans une phase essentielle : celle de l’évaluation de l’utilisation des fonds et de leur traduction concrète sur le terrain.



Le Projet de renforcement des capacités pour l’employabilité des jeunes et l’amélioration de la protection sociale représente un investissement financier important. Financé notamment par un prêt de la Banque africaine de développement de 84,63 millions d’euros, soit environ 55,5 milliards de FCFA, le programme bénéficie également d’une contrepartie de l’État gabonais évaluée à environ 6,2 milliards de FCFA.

Au total, le coût du programme s’élève à près de 61,7 milliards de FCFA. Une enveloppe importante au regard des problématiques auxquelles le projet doit répondre : faciliter l’accès des jeunes à l’emploi et renforcer les mécanismes de protection sociale. Deux enjeux majeurs dans un contexte où la question de l’insertion professionnelle reste au cœur des préoccupations économiques et sociales.

La BAD prévoit désormais de faire auditer l’utilisation des financements et l’exécution du programme sur l’exercice 2026 ainsi que durant le premier trimestre 2027. L’objectif sera notamment de vérifier que les ressources mobilisées sont utilisées conformément aux engagements prévus dans le cadre du financement du projet.

Mais l’enjeu de cet audit dépasse la seule vérification comptable. Il s’agira également d’établir un lien entre les sommes engagées et les réalisations concrètes. Autrement dit, la question sera de savoir comment les financements se traduisent en formations, en dispositifs d’accompagnement, en amélioration des compétences ou en actions capables de renforcer effectivement l’employabilité des bénéficiaires.

À ce stade, l’annonce de l’audit ne signifie pas qu’une irrégularité a été constatée. Il s’agit d’une étape normale de suivi d’un programme financé par un partenaire international. Mais elle rappelle une exigence fondamentale : dans les politiques publiques, l’importance d’un financement ne se mesure pas uniquement au montant mobilisé. Elle se mesure surtout à sa capacité à produire des résultats visibles et durables.

Pour le Gabon, le véritable bilan du programme ne pourra donc pas se limiter aux milliards dépensés. Les indicateurs les plus importants seront le nombre de jeunes effectivement accompagnés, les compétences développées, l’accès réel à l’emploi et l’amélioration des mécanismes de protection sociale. Avec l’audit à venir, le programme entre ainsi progressivement dans une phase où la question centrale sera celle de l’impact : 61,7 milliards de FCFA ont été mobilisés, mais quels changements concrets auront-ils permis de produire ?