Assemblée générale BVMAC 2025 : 1 milliard de FCFA de revenus et 454,5 millions de pertes
2026-09-10 11:40:00
La Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale a terminé l’exercice 2025 sur une perte nette de 454,5 millions de FCFA. Malgré une progression de 5,8 % de son chiffre d’affaires, l’institution reste confrontée à une équation financière difficile, notamment en raison de créances importantes sur les États de la CEMAC.
La BVMAC
termine l’exercice 2025 avec un résultat qui témoigne encore des fragilités de
la place financière régionale. La perte nette s’est établie à 454,5 millions de
FCFA, contre 322,2 millions un an auparavant. Cette évolution représente une
aggravation de 41,1 % de la perte annuelle. Dans le même temps, les revenus
globaux ont progressé de 5,1 % pour atteindre environ 1 milliard de FCFA. Le
chiffre d’affaires proprement dit s’est établi à 927,3 millions de FCFA, en
hausse de 5,8 %. La croissance des revenus n’a donc pas suffi à ramener
l’institution à l’équilibre.
Cette progression du chiffre d’affaires s’explique notamment par l’activité
enregistrée sur le marché obligataire. Quatre nouvelles émissions obligataires
ont notamment été admises à la cote en 2025. Le Gabon a levé 80 milliards de
FCFA sur le marché régional durant l’exercice. ACEP Cameroun, ALIOS Finance et
la SNPC ont pour leur part mobilisé respectivement 5, 9 et 32 milliards de
FCFA. Les commissions liées à la capitalisation des encours de dette,
principale source de revenus de la BVMAC, ont atteint 578,6 millions de FCFA. Elles
progressent ainsi de 18,7 % sur un an.
Le problème se situe donc également du côté
des charges et de la structure financière de la place. Selon les données
publiées, celles-ci ont progressé plus rapidement que les revenus en 2025. La
BVMAC doit par ailleurs faire face à environ 3 milliards de FCFA de créances à
recouvrer auprès des États de la CEMAC. Cette situation pèse sur sa trésorerie
et limite ses marges de manœuvre. Elle souligne surtout la dépendance de
l’institution à l’égard du fonctionnement financier de son environnement
régional. Le renforcement des mécanismes de recouvrement constitue ainsi un
enjeu important pour la Bourse.
Ces difficultés financières ne signifient
toutefois pas que l’activité de la BVMAC est à l’arrêt.
La place régionale continue de développer son marché et d’accueillir de
nouvelles opérations.
Son capital vient d’ailleurs d’être porté à 9,583 milliards de FCFA après une
augmentation de 509,9 millions. Huit sociétés de Bourse ont intégré son
actionnariat dans le cadre de cette opération. Cette ouverture intervient
précisément à un moment où la BVMAC doit accroître son activité et consolider
son modèle économique. L’enjeu consiste désormais à faire correspondre la
croissance du marché avec une amélioration durable de la rentabilité.
La question centrale reste donc celle du
changement d’échelle de la Bourse régionale. Pour y parvenir, elle devra
attirer davantage d’entreprises, d’investisseurs et d’émetteurs sur ses
différents compartiments. Elle devra également favoriser une meilleure
liquidité et développer davantage le marché secondaire. Le recouvrement des
créances dues par les États constitue parallèlement une priorité financière. La
recapitalisation apporte des ressources supplémentaires, mais elle ne règle pas
à elle seule les difficultés structurelles de la place. Pour la BVMAC, le
véritable défi est désormais de transformer la croissance du marché en modèle
financier durable.