Banio–Mayumba : Le duo mine, gaz et port qui peut changer le visage industriel de la Nyanga
2026-09-03 10:49:00
À Mayumba, le projet de potasse de Banio ne se limite plus à la perspective d’une exploitation minière. Avec une centrale à gaz de 20 MW et le futur port en eau profonde en ligne de mire, le site pourrait devenir l’un des nouveaux moteurs de l’industrialisation du sud du Gabon.
Le projet de potasse de Banio s’inscrit désormais dans une ambition qui dépasse largement l’extraction et l’exportation du minerai. À Mayumba, son développement pourrait servir de catalyseur à une nouvelle dynamique industrielle dans le sud du Gabon. L’enjeu est de connecter directement le gisement aux infrastructures nécessaires à sa mise en valeur, tout en créant un environnement favorable à l’émergence d’activités économiques autour du projet. Une perspective qui placerait la Nyanga au cœur d’un nouveau corridor industriel et logistique.
Premier maillon de cette chaîne : l’énergie. Un accord conclu avec Perenco prévoit l’acheminement d’un gazoduc jusqu’à Mayumba afin d’alimenter une future centrale thermique de 20 MW, qui devrait être exploitée par Gabon Power Corporation. Au-delà des besoins du projet minier, cette infrastructure pourrait contribuer à sécuriser l’approvisionnement électrique local et accompagner l’installation de futures unités industrielles. Dans une région où la disponibilité d’une énergie fiable demeure un enjeu majeur, cette capacité supplémentaire pourrait constituer un véritable avantage pour attirer de nouveaux investissements.
À cette infrastructure énergétique s’ajoute le projet de port en eau profonde de Mayumba, appelé à jouer un rôle stratégique dans la chaîne logistique de Banio. Des réflexions portent notamment sur la mise en place d’installations de stockage et de quais adaptés à l’exportation de la potasse, avec la possibilité d’accueillir des navires vraquiers de type Panamax. Une telle connexion entre la mine, le réseau énergétique et une infrastructure portuaire moderne permettrait de réduire les contraintes liées au transport du minerai et de rapprocher directement la production des marchés internationaux.
Mais derrière les tonnes de potasse et les infrastructures, c’est surtout la question des retombées locales qui se pose. Le véritable succès de Banio ne se mesurera pas uniquement à ses volumes de production ou à ses performances à l’export. Il dépendra aussi de sa capacité à générer des emplois durables, à développer la sous-traitance gabonaise, à stimuler les PME locales et à faire émerger de nouvelles activités autour de la mine, de l’énergie et du port. Pour la Nyanga, l’opportunité est donc considérable : transformer un projet minier en véritable moteur d’industrialisation régionale, plutôt qu’en simple plateforme d’exportation de matières premières.