Booué : Vers la relance de l’École des Métiers du Bois pour soutenir l’emploi
2026-09-02 10:13:00
Dans une province où la forêt constitue l’une des principales ressources économiques, la relance de l’École des Métiers du Bois de Booué pourrait dépasser le simple cadre d’un chantier d’infrastructure. En annonçant, le 30 août 2026 à Makokou, son intention de reprendre les travaux de l’établissement, le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, remet au centre du débat une question essentielle : comment faire de la richesse forestière un véritable levier de compétences, d’emplois et de création de valeur au bénéfice des populations locales ?
Pendant longtemps, les territoires forestiers ont surtout été considérés à travers leur capacité à fournir une ressource destinée à l’exploitation. Or, la transformation locale du bois suppose aussi une main-d’œuvre qualifiée capable d’accompagner les évolutions de la filière. À Booué, la mise en service d’une école spécialisée permettrait ainsi de rapprocher la formation professionnelle des besoins du secteur forestier et d’offrir aux jeunes de l’Ogooué-Ivindo des perspectives dans les métiers liés à la transformation et à la valorisation du bois.
L’annonce présidentielle laisse toutefois plusieurs questions en suspens : quand les travaux reprendront-ils réellement, à quel niveau le chantier se trouve-t-il aujourd’hui et quels moyens seront nécessaires pour achever l’établissement ? Ces interrogations seront déterminantes pour mesurer la portée concrète de l’engagement annoncé. Car au-delà des bâtiments, une école professionnelle ne peut fonctionner sans équipements techniques adaptés, formateurs qualifiés, programmes pertinents et partenariats solides avec les entreprises susceptibles d’accueillir ou de recruter les apprenants.
Pour Booué, l’enjeu est également territorial : faire émerger un véritable bassin de compétences autour de la filière bois. Un établissement fonctionnel pourrait attirer des apprenants, soutenir l’activité locale et limiter, pour certains jeunes, la nécessité de se déplacer vers Libreville pour accéder à des formations spécialisées. Mais cette dynamique ne pourra produire pleinement ses effets que si elle s’accompagne de débouchés professionnels et d’un véritable arrimage entre les formations dispensées et les besoins des opérateurs forestiers et industriels.
La reprise de l’École des Métiers du Bois de Booué apparaît ainsi comme un maillon potentiel d’une ambition plus large : transformer davantage la ressource forestière sur place et retenir une plus grande part de la valeur créée dans les territoires producteurs. L’enjeu sera désormais de passer de l’annonce à l’exécution, puis du chantier à l’emploi. Pour l’Ogooué-Ivindo, l’objectif ne serait plus seulement de produire du bois, mais de produire autour du bois des compétences, des métiers et davantage de valeur ajoutée.