Braconnage : Quand le conflit homme-éléphant sert d’alibi à Libreville



2026-08-19 10:49:00

Fin juillet à Libreville, deux hommes tombent dans le viseur des Eaux et Forêts et de la Police judiciaire. En cause : quatre pointes d’ivoire et une queue d’éléphant retrouvées en leur possession.



L’opération, menée conjointement avec l’appui de l’ONG Conservation Justice, a permis de mettre la main sur ces trophées dans un quartier de la capitale. Les deux suspects, pris en flagrant délit de détention et de tentative de commercialisation, ont depuis été placés en garde à vue. L’un d’eux serait soupçonné d’avoir abattu au moins six éléphants et d’avoir tenté de tromper l’administration en invoquant le conflit homme-éléphant, une réalité pourtant bien connue des populations vivant à proximité des zones forestières du pays.

Car c’est bien ce stratagème que dénonce Conservation Justice : instrumentaliser un problème réel, la cohabitation parfois violente entre les communautés et les pachydermes pour couvrir des actes de braconnage pur et simple. Une manœuvre qui, selon l’ONG, ne serait pas isolée et compliquerait davantage les contrôles déjà mis à mal par la circulation des trophées entre provinces.

La loi gabonaise ne badine pas avec l’ivoire : détention, transport et commercialisation exposent les contrevenants à dix ans de prison et une amende pouvant atteindre cinq fois la valeur des produits saisis. De quoi refroidir les ardeurs, en théorie. L’affaire est désormais entre les mains de la justice, qui devra établir les responsabilités de chacun.

Le conflit homme-éléphant est réel. Le prétexte, lui, ne trompe plus personne.