Café-cacao : 3,4 milliards FCFA encore nécessaires pour soutenir la filière
2026-08-21 12:26:00
La relance de la filière café-cacao gabonaise se heurte désormais à une équation financière précise. Sur les 3,5 milliards FCFA de subvention attendus par la Caistab en 2026, seuls 100 millions ont été effectivement décaissés. Il reste donc 3,4 milliards FCFA à mobiliser pour permettre à l’organisme de soutenir pleinement la filière et de préserver les achats auprès des producteurs.
La relance du café et du cacao au Gabon se joue
aussi dans les caisses de l’État. En 2026, la Caisse de stabilisation et de
péréquation, la Caistab, attendait une subvention publique de 3,5 milliards
FCFA pour accompagner ses missions. À ce stade, seuls 100 millions FCFA ont été
effectivement décaissés. Ce sont donc encore 3,4 milliards FCFA qui restent à
mobiliser pour permettre à la filière de disposer des moyens financiers
initialement annoncés.
Le niveau de décaissement représente à peine 2,9 %
de l'enveloppe attendue. Une situation qui oblige désormais la Caistab à revoir
ses équilibres financiers. L'achat du café et du cacao auprès des producteurs
reste néanmoins prioritaire. Mais cette mission devra désormais reposer
davantage sur les ressources propres de l'organisme, déjà mobilisées à hauteur
de 75 % dans son budget global. Un effort qui réduit nécessairement les marges
disponibles pour les autres actions.
Cette difficulté intervient dans un contexte
budgétaire national particulièrement tendu. La loi de finances rectificative de
juillet 2026 a profondément revu les prévisions. Les recettes brutes du budget
général ont été ramenées de 4 091,1 à 3 166,3 milliards FCFA. Dans le même
temps, les dépenses d'investissement ont connu une baisse encore plus forte. Elles
passent de 2 137,2 milliards à 1 169,1 milliards FCFA, soit près de 45 % de
moins. La situation de la Caistab s'inscrit donc dans un mouvement général de
resserrement budgétaire.
L'agriculture figure parmi les secteurs les plus
affectés par cette révision. La mission consacrée à l'agriculture, à l'élevage
et à la pêche a subi une forte contraction. Son enveloppe initiale de 135,77
milliards FCFA a été ramenée à environ 42,26 milliards. L'écart atteint ainsi
plus de 92 milliards FCFA par rapport aux prévisions initiales. Dans ces
conditions, la mobilisation des 3,4 milliards encore attendus par la Caistab devient
un enjeu révélateur de la capacité à maintenir les ambitions de relance
agricole.
Au-delà de l'urgence financière, la question porte désormais sur la pérennité du modèle. La LFR 2026 prévoit notamment un encadrement renforcé des organismes subventionnés par l’État. Les contrats d'objectifs et de performance doivent désormais conditionner l'accès aux crédits. Mais pour la filière café-cacao, le défi immédiat reste celui de la trésorerie disponible.
Transformer les engagements budgétaires en décaissements effectifs sera donc
déterminant. Car les 3,4 milliards FCFA manquants représentent aujourd'hui une part
essentielle de la relance.