Centrale solaire d’Ayeme-Plaine : Le Gabon franchit un cap dans sa transition énergétique



2026-09-07 08:56:00

À une trentaine de kilomètres de Libreville, le Gabon vient de franchir une nouvelle étape dans sa quête d’un mix énergétique plus diversifié. La mise en service de la première phase de la centrale solaire d’Ayeme-Plaine marque l’entrée du pays dans une nouvelle ère de production d’électricité à grande échelle à partir du solaire.



Une première phase désormais opérationnelle. Présidée par le vice-président du Gouvernement, Hermann Immongault, en présence notamment du ministre du Commerce extérieur des Émirats arabes unis, Dr Thani Bin Ahmed Al Zeyoudi, la cérémonie de mise en service a consacré la première phase de ce projet porté par le groupe Solen, dans le cadre d’un partenariat public-privé. Avec une puissance de 30 MW en courant alternatif et 44 MW en courant continu, cette première tranche est dotée d’un système de stockage par batteries de 8 MWh. À terme, le projet vise une capacité globale de 120 MW, confirmant l’ambition des autorités de renforcer l’offre énergétique tout en réduisant progressivement la dépendance aux sources thermiques.

Au-delà d’Ayeme-Plaine, un enjeu pour le Grand Libreville. La centrale n’a pas vocation à alimenter uniquement les populations riveraines. L’électricité produite doit contribuer au renforcement du réseau interconnecté du Grand Libreville, encore fortement exposé aux limites de la production thermique. Pour assurer son raccordement, le projet comprend notamment une ligne de 90 kV d’environ 10 kilomètres reliant la centrale au poste de Ntoum 2, ainsi que l’extension de cette infrastructure. Dans un contexte marqué par le retour des délestages, cette nouvelle capacité de production apparaît donc comme une réponse attendue aux besoins croissants des ménages et des opérateurs économiques.

Un investissement majeur et des retombées locales. Évalué à environ 98,7 milliards de FCFA, soit près de 46 millions d’euros, le projet a également généré des emplois durant sa phase de construction et doit maintenir plusieurs dizaines de postes directs pour son exploitation et sa maintenance. Pour le ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie, Philippe Tonangoye, cette infrastructure traduit la volonté de mobiliser l’investissement privé et l’expertise internationale au service de la transition énergétique. La centrale pourrait, selon les projections communiquées par les parties prenantes, contribuer à l’alimentation de jusqu’à 300 000 foyers.

Un premier jalon, mais encore des défis à relever. Si la mise en service de cette première phase constitue une avancée significative, la pleine réalisation du projet reste conditionnée à la résolution de certaines contraintes techniques, administratives et contractuelles, notamment autour de la sécurisation du paiement des factures d’électricité. Le gouvernement assure vouloir lever ces obstacles afin de permettre la poursuite du déploiement. Pour Solen, cette première phase constitue à la fois un aboutissement et le socle d’une ambition plus vaste. Avec Ayeme-Plaine, le Gabon entend ainsi poser les bases d’un système électrique plus diversifié, plus fiable et davantage tourné vers les énergies renouvelables.