Dette militaire, créance cédée : Bosch Capital réclame 330 millions de dollars au Gabon, à payer au plus tard le 3 septembre
2026-08-27 15:28:00
Le dossier d’une ancienne dette liée à un contrat avec le groupe sud-africain de défense Paramount Group refait surface au Gabon. La créance, désormais détenue par le fonds sud-africain Bosch Capital, fait l’objet d’une nouvelle pression sur les autorités gabonaises. Dans une lettre adressée à l’exécutif le 24 août, le fonds réclame le règlement d’environ 330 millions de dollars avant le 3 septembre 2026.
Le dossier prend une nouvelle dimension pour l’État
gabonais. Selon les informations publiées le 27 août par Africa Intelligence,
Bosch Capital a récupéré les droits sur une créance initialement détenue par
Paramount Group et réclame désormais son paiement à Libreville. Le fonds
sud-africain a fixé une échéance précise : le Gabon est appelé à régler la
somme réclamée au plus tard le 3 septembre 2026.
Cette créance serait liée à un ancien contrat
conclu avec Paramount Group, entreprise sud-africaine spécialisée dans le
secteur de la défense. Des informations précédemment publiées sur le
contentieux font remonter le dossier à 2014 et évoquent des prestations portant
notamment sur la réparation d’avions Mirage, la fourniture d’équipements
militaires et la formation de personnels. Le montant du contrat ou de la dette
réclamée est estimé à environ 330 millions de dollars, soit près de 200
milliards de FCFA. Les détails complets du contrat et de la créance restent
toutefois à confirmer par des documents officiels ou judiciaires accessibles
publiquement.
Le changement majeur réside désormais dans
l’identité du créancier. Paramount Group, entreprise industrielle et acteur du
secteur de la défense, aurait cédé les droits attachés à sa créance à Bosch
Capital. Le dossier ne se présente donc plus uniquement comme un litige
commercial entre un fournisseur et l’État gabonais. Il devient une opération de
recouvrement portée par un fonds dont l’objectif est précisément d’obtenir le
règlement de la créance qu’il a acquise.
L’ultimatum du 3 septembre intervient dans un
contexte particulièrement sensible pour les finances publiques gabonaises. Le
pays vient de revenir sur les marchés financiers internationaux avec une
émission obligataire de 920 millions de dollars, dont une partie des ressources
doit notamment servir au remboursement d’arriérés. Cette opération s’inscrit
également dans une période marquée par un travail de clarification de la dette
publique et par des discussions techniques avec le Fonds monétaire international.
Pour Libreville, l’enjeu dépasse donc le seul
montant des 330 millions de dollars réclamés. L’État devra déterminer le statut
exact de cette créance, les obligations juridiques qui lui sont attachées et
les conditions dans lesquelles son paiement pourrait éventuellement intervenir.
Le dossier pose également la question des engagements financiers hérités des
années précédentes, alors que les autorités gabonaises cherchent précisément à
clarifier l’ensemble des passifs de l’État.
À quelques jours de l’échéance fixée par Bosch
Capital, plusieurs zones d’ombre demeurent sur la suite du dossier. Les
informations publiques disponibles confirment l’acquisition des droits sur la
créance et l’ultimatum transmis le 24 août, mais ne précisent pas les mesures
que le fonds pourrait engager en cas d’absence de paiement au 3 septembre.