Discours du 30 août : Oligui Nguema veut mettre fin aux protections corporatistes



2026-08-30 10:43:00

Le président de la République entend renforcer le principe d’égalité devant la loi. Dans son discours du 30 août, Brice Clotaire Oligui Nguema a affirmé qu’aucun corps professionnel ou institutionnel ne devait se soustraire à la responsabilité, qu’il s’agisse des membres du gouvernement, magistrats, avocats, militaires, médecins, agents publics ou opérateurs économiques.



Le principe est clairement posé : personne ne doit être au-dessus de la loi. Dans son discours prononcé à Makokou, Brice Clotaire Oligui Nguema a placé la responsabilité individuelle au cœur de la construction du « Gabon nouveau ». Pour le chef de l’État, l’égalité devant la loi, consacrée par la Constitution, doit s’appliquer à tous les secteurs de la société.

Le message s’adresse à une longue liste de catégories professionnelles et institutionnelles. Membres du gouvernement, magistrats, avocats, hauts responsables civils ou militaires, médecins, sages-femmes, agents de l’État et opérateurs économiques : tous doivent répondre de leurs actes. Une manière pour le président de rappeler que le statut, la fonction ou l’appartenance à un corps ne peuvent constituer une protection contre la responsabilité.

Cette déclaration intervient alors que plusieurs réformes de l’État sont en cours. Elle donne au principe de responsabilité une dimension plus large que la seule lutte contre les irrégularités administratives. Il s’agit également de faire évoluer les comportements dans l’exercice des fonctions publiques et privées, en plaçant l’intérêt général au-dessus des logiques corporatistes.

« Le corporatisme ne doit pas prendre le pas sur la responsabilité », a affirmé le chef de l’État. Cette phrase résume l’une des lignes fortes de son intervention. Dans le nouveau modèle institutionnel défendu par le président, les intérêts d’un groupe professionnel ne doivent pas empêcher l’application des règles communes, pas plus qu’ils ne doivent faire obstacle aux réformes nécessaires.

La portée de cette orientation dépendra désormais de son application concrète. L’égalité devant la loi suppose des mécanismes capables d’identifier les manquements, de garantir les procédures et de sanctionner les fautes lorsqu’elles sont établies. Pour l’exécutif, la Libération doit ainsi dépasser le cadre politique pour devenir une transformation des comportements et du rapport des citoyens aux institutions.