FONED 2026 : l’épargne de la diaspora, le capital dormant du Gabon



2026-09-01 13:34:00

Alors que le Gabon prévoit près de 27 000 milliards de FCFA d’investissements dans le cadre du PNCD 2026-2030, la mobilisation de l’épargne de la diaspora apparaît comme l’un des leviers capables de renforcer le financement endogène de l’économie. Le Forum National de l’Épargne pour le Développement, organisé les 2 et 3 septembre à Libreville, entend justement poser les bases de cette nouvelle dynamique.



Le Gabon doit trouver des capitaux à la hauteur de ses ambitions. Avec près de 27 000 milliards de FCFA d’investissements projetés sur la période 2026-2030, dont environ 18 000 milliards attendus du secteur privé et des ressources nationales, le financement du développement devient une question centrale. Dans cette équation, l’épargne de la diaspora gabonaise pourrait représenter une force financière encore largement sous-exploitée. Chaque année, les Gabonais établis à l’étranger participent à l’économie nationale à travers leurs transferts destinés aux familles, aux études, au logement ou à diverses dépenses. Mais une partie de ce potentiel pourrait demain être orientée vers des investissements productifs et structurants. C’est précisément l’un des enjeux du Forum National de l’Épargne pour le Développement (FONED), organisé les 2 et 3 septembre 2026 à Libreville par la Caisse des Dépôts et Consignations du Gabon : réfléchir aux mécanismes permettant de transformer une épargne dispersée en une véritable force de financement de l’économie nationale.

L’enjeu consiste désormais à passer d’une logique de transferts à une logique d’investissement. La diaspora pourrait ainsi participer au financement de projets dans des secteurs tels que le logement, l’agriculture, l’énergie, les infrastructures, l’industrie ou encore le numérique. Encore faut-il lui proposer des instruments adaptés : produits d’épargne dédiés, obligations, fonds d’investissement, mécanismes de cofinancement ou solutions numériques permettant d’investir à distance, avec des garanties de transparence et de sécurité. La confiance sera déterminante. Un Gabonais vivant à Paris, Bruxelles, Libreville ou Montréal ne doit pas seulement être considéré comme un épargnant ou un soutien familial potentiel, mais comme un investisseur capable de contribuer directement à la transformation économique de son pays. Le projet DIASDEV, dont les résultats doivent être présentés dans le cadre du FONED, s’inscrit dans cette recherche de mécanismes permettant de mieux structurer cette ressource financière et de rapprocher la diaspora des opportunités d’investissement au Gabon.

À travers le FONED, la Caisse des Dépôts et Consignations ouvre donc un chantier qui dépasse la seule question de l’épargne bancaire. Il s’agit de construire une véritable chaîne de financement allant de l’épargnant au projet, et de faire en sorte qu’une partie des ressources financières disponibles chez les Gabonais, y compris ceux vivant hors du pays, puisse contribuer à produire davantage de logements, d’entreprises, d’infrastructures, d’énergie et d’emplois. Si les conditions de confiance, de rendement et de sécurité sont réunies, la diaspora pourrait devenir l’un des partenaires financiers majeurs du développement national. Le véritable défi ne sera alors plus seulement de savoir combien d’argent les Gabonais de l’étranger envoient au pays, mais combien de cet argent peut être transformé en capital productif pour construire le Gabon de demain.