Forêts, mines et pétrole : le Gabon renforce l’évaluation de son capital naturel avec COSAFE



2026-08-27 11:49:00

Le Gabon connaît les volumes de pétrole produits, les tonnes de minerais exportées et les recettes générées par ses ressources. Mais connaît-il réellement la valeur de son capital naturel ? Avec le projet COSAFE, soutenu par la Banque africaine de développement, le pays veut désormais mieux mesurer la contribution économique de ses forêts et de ses ressources extractives pour améliorer ses choix de développement.



Pendant longtemps, la richesse d’un pays a principalement été évaluée à travers des indicateurs comme le produit intérieur brut, les exportations ou les recettes budgétaires. Pourtant, ces données ne permettent pas toujours de mesurer ce qu’un pays possède réellement. Une forêt, par exemple, représente du bois exploitable, mais aussi un patrimoine environnemental, une réserve de biodiversité et un capital naturel dont la valeur dépasse largement le prix des produits exportés.

C’est précisément l’objectif du projet COSAFE, consacré à l’élaboration des comptes satellites forestiers et extractifs du Gabon. Le Gouvernement gabonais et la Banque africaine de développement ont signé un protocole d’accord de don pour soutenir cette démarche. L’ambition est de développer des outils statistiques et analytiques capables d’apporter une lecture plus complète de la richesse nationale.

L’enjeu est stratégique pour un pays dont une grande partie de l’économie repose sur l’exploitation de ressources naturelles. Le pétrole et les minerais génèrent des revenus, mais constituent également des ressources dont les stocks peuvent s’épuiser. À l’inverse, une forêt durablement gérée peut produire des bénéfices économiques tout en préservant un patrimoine pour les générations futures.

Disposer de meilleures données pourrait également renforcer la capacité du Gabon à négocier et à orienter ses politiques publiques. Connaître avec davantage de précision la valeur économique d’une concession forestière, les effets d’une activité extractive ou le coût de la dégradation d’un écosystème permettrait de prendre des décisions sur des bases plus solides.

COSAFE pourrait ainsi constituer une évolution importante dans la manière dont le Gabon envisage son développement. L’objectif n’est pas simplement de produire davantage de statistiques, mais d’intégrer progressivement la notion de capital naturel dans les décisions économiques. Avant de négocier, d’exploiter ou de transformer ses ressources, le pays cherche désormais à mieux savoir ce qu’elles représentent réellement.