Gabon : comment le gouvernement compte redresser le secteur de l’eau et de l’électricité
2026-09-01 13:38:00
Les coupures d’eau et d’électricité font partie du quotidien des Gabonais. Dans son discours à la Nation le 16 août 2026, Brice Clotaire Oligui Nguema, Président de la République a pointé du doigt, une situation devenue préoccupante au fil des années. Plusieurs raisons expliquent cette situation, notamment la vétusté du réseau, parfois en service depuis des années 1970 qui provoquent des pannes majeures dans les centrales, le manque d’infrastructures structurantes face à une demande en forte en hausse et les délestages tournants.
. En effet la Société d’Energie et d’Eau du Gabon impose des
coupures programmées pour éviter l'effondrement total du réseau électrique,
tandis que l'eau manque parfois durant plusieurs mois dans certaines zones.
Face à cette situation le
gouvernement prépare des réformes pour sortir de la crise actuelle. Elles ont
été détaillées dans une interview accordée à Jeuneafrique.com, le 28 août 2026
par Philippe Tonangoye, Ministre de l’Accès
universel à l’eau et à l’énergie. Il souligne que pour plus d’efficacité, il
est envisagé d’organiser le secteur de l’eau et de l’énergie qui compte six
entreprises et dont les missions se chevauchent autour de trois départements
distincts.
« Un pôle de régulation pour
assurer le contrôle, la fixation des tarifs et les orientations stratégiques.
Un pôle infrastructure pour fusionner les entités de conception et de gestion
immobilière et mutualiser les moyens. Un dernier pôle exploitation et
commercialisation qui centralisera l’ensemble de la chaîne de valeur de la
production de l’eau et de l’énergie à leur transport, stockage et distribution.
Le but est de restaurer la santé financière du secteur » explique Philippe
Tonangoye. Il affirme dans son interview qu’une équipe de juriste travaille
actuellement pour élaborer un cadre légal pour « recaser les sociétés du
secteur de l’eau et de l’électricité dans une structure unifiée, transparente
et fiable ».
Pour le Ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie, l’application
de cette réforme est indispensable pour restructurer le secteur fragmenté et
déficitaire. En effet, la dette de la Société d’énergie et d’eau du Gabon est
aujourd’hui évaluée à environ 145 milliards de FCFA. Et le gouvernement a
déjà une idée de comment elle sera épongée.
« Nous allons mettre en place
une nouvelle structure de défaisance, accompagnée par des partenaires
financiers chargés de gérer et d’absorber ce passif. Cette démarche est
cruciale pour que la Gabonaise des Eaux et Électricité du Gabon puissent commencer
leurs activités, en 2027, sur des bases financières saines et équilibrées avec
des actifs connus et un passif réaffecté ailleurs » relate Philippe
Tonangoye à Jeune Afrique. Il précise par ailleurs que les chantiers de la
modernisation du réseau, de l’amélioration du transit et de développement de
nouvelles centrales ont déjà été lancés pour remédier à aux problèmes
évoqués avec un objectif clair : en finir avec les coupures planifiées de
l’électricité dès mi-2027.