Gabon : une étude révèle de fortes inégalités d’accès au numérique entre villes et zones rurales



2026-05-07 11:16:00

Une étude nationale révèle des inégalités marquées dans l’accès et les usages du numérique entre zones urbaines et rurales. Un défi majeur pour l’inclusion digitale et financière du pays.



Le Gabon avance dans sa transition numérique, mais tous les territoires ne progressent pas au même rythme. Présentée à Libreville, l’étude nationale sur les compétences financières et numériques met en lumière une fracture persistante entre zones urbaines et rurales, révélant des disparités importantes dans l’accès, les usages et les compétences digitales.

Menée entre juillet et août 2025 par le Fonds d’équipements des Nations unies, dans le cadre du programme « Financement numérique pour la résilience », cette enquête constitue une première à l’échelle nationale. Réalisée auprès de 1 601 personnes âgées de 18 à 74 ans, réparties sur les neuf provinces, elle offre un panorama inédit des pratiques numériques au Gabon. Parmi les répondants, 48 % sont des femmes et 44 % ont moins de 35 ans.

Premier constat : une forte concentration urbaine des usagers. En effet, 86 % des personnes interrogées vivent en zone urbaine, contre seulement 14 % en milieu rural. Une répartition qui se traduit directement dans les niveaux de compétences et les usages. Les populations urbaines affichent une meilleure maîtrise des outils numériques et financiers, avec des pratiques plus diversifiées, notamment en matière de transactions en ligne et d’accès aux services digitaux.

L’équipement constitue un autre indicateur clé. Si 83 % des Gabonais disposent d’un téléphone, dont 68 % de smartphones, l’accès à des outils plus performants reste limité, en particulier en zone rurale où seulement 10 % des habitants possèdent une tablette ou un ordinateur. Par ailleurs, 95 % des connexions à Internet se font via les données mobiles, soulignant la faible pénétration des infrastructures fixes.

Dans les zones rurales, les obstacles restent nombreux : couverture réseau inégale, qualité de connexion fluctuante et accès limité aux équipements. À ces contraintes techniques s’ajoute un déficit de sensibilisation aux usages et aux risques numériques, freinant l’adoption de services pourtant essentiels à l’inclusion financière.

L’étude met toutefois en avant un levier stratégique : la jeunesse. Plus connectés et plus enclins à adopter les solutions numériques, les jeunes apparaissent comme des catalyseurs potentiels de la transformation digitale. Leur montée en compétences pourrait accélérer l’inclusion numérique, à condition d’un accompagnement adapté.

Face à ces défis, les autorités entendent agir. Selon le ministre de l’Économie numérique, l’amélioration des infrastructures et l’élaboration en cours du « Start-up Act » devraient contribuer à structurer l’écosystème numérique national et à réduire les inégalités territoriales.

À terme, l’enjeu est clair : faire du numérique un outil d’inclusion et non un facteur supplémentaire de fracture.