Manganèse : échéance 2029 , AML se positionne et prend le lead



2026-05-07 11:22:00

Deuxième producteur mondial de manganèse, le Gabon accélère sa mutation industrielle. Entre pression réglementaire et nouveaux investissements, Libreville impose un virage stratégique vers la transformation locale pour capter davantage de valeur.



Le Gabon franchit une nouvelle étape dans la refonte de son modèle minier. À l’occasion d’une audience accordée au groupe japonais Asia Minerals Limited (AML), le Vice-président Alexandre Barro Chambrier a confirmé l’ambition du pays : rompre avec une économie fondée sur l’exportation brute des ressources et bâtir une véritable industrie de transformation.

Ce projet d’implantation d’une usine de transformation de manganèse illustre la nouvelle doctrine économique gabonaise. Désormais, l’objectif est clair : transformer localement pour mieux valoriser. Une orientation renforcée par la décision des autorités d’interdire, à partir de janvier 2029, les exportations de minerai brut. Une échéance qui impose aux opérateurs miniers de revoir leurs stratégies et d’investir dans des capacités industrielles sur place.

Dans ce contexte, l’intérêt manifesté par AML apparaît comme un signal fort de l’attractivité du Gabon pour les investissements directs étrangers à forte valeur ajoutée. L’envoi prochain d’une mission technique par le groupe japonais témoigne d’une volonté d’alignement avec les nouvelles exigences du pays. Ce calendrier de transition agit comme un levier d’accélération pour les industriels souhaitant sécuriser leur présence tout en tirant parti de la proximité des gisements.

Au-delà de l’exploitation minière, la production de ferroalliages tels que le silico-manganèse ou le manganèse métal ouvre des perspectives économiques considérables. En intégrant davantage la chaîne de valeur, le Gabon espère augmenter significativement sa contribution industrielle au PIB, tout en stimulant des secteurs connexes comme l’énergie, le transport ou encore les services industriels.

Cette dynamique s’accompagne également d’une diversification des partenariats stratégiques, avec une ouverture accrue à l’expertise technologique japonaise. Le rôle de l’Agence Nationale de Promotion des Investissements (ANPI-Gabon) sera déterminant pour faciliter l’installation et l’opérationnalisation de ces projets structurants.

Dans cette course à l’industrialisation, la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog), filiale du groupe français Eramet, se retrouve en première ligne. Déjà dotée du Complexe Métallurgique de Moanda, l’entreprise est désormais appelée à intensifier ses efforts pour aligner ses capacités de transformation sur ses niveaux d’extraction, qui avoisinent les 8 millions de tonnes par an.

L’échéance de 2029 agit ainsi comme un catalyseur. Pour les acteurs historiques comme pour les nouveaux entrants, elle marque la fin d’un modèle extractif classique et l’avènement d’une industrie minière intégrée. À la clé : création d’emplois qualifiés, montée en compétences locales et consolidation de la position du Gabon sur le marché mondial des métaux critiques, indispensables à la transition énergétique.