Ivindo Economic Forum : Forêt, mines, agriculture, jeunesse, les atouts d’une future puissance économique
2026-08-27 11:41:00
L’Ogooué-Ivindo n’a jamais manqué de ressources. Ce qui lui manque encore, c’est une mécanique économique capable de transformer durablement ses richesses en emplois, en entreprises, en infrastructures et en revenus pour les populations. Derrière les échanges organisés à Makokou, une question essentielle se pose désormais : comment faire de cette province riche en potentiel un véritable territoire de production et de transformation ?
L’Ogooué-Ivindo possède pratiquement tous les
ingrédients d’un territoire à forte vocation économique. Ressources
forestières, potentiel minier, terres agricoles, biodiversité exceptionnelle et
positionnement stratégique en Afrique centrale : la province dispose d’atouts
considérables. Pourtant, cette abondance naturelle ne s’est pas toujours
traduite par un développement économique à la hauteur de ses potentialités. Le
véritable défi consiste désormais à construire un modèle permettant de
convertir ces ressources en valeur durable.
Car une ressource, aussi importante soit-elle,
ne crée pas automatiquement de richesse pour un territoire. Entre le potentiel
et le développement, il existe toute une chaîne à construire : infrastructures,
énergie, financement, compétences, transformation industrielle et accès aux
marchés. C’est précisément sur ces maillons que l’Ogooué-Ivindo devra
concentrer ses efforts si elle veut dépasser son image de province riche mais
encore insuffisamment connectée aux grands circuits économiques.
L’ambition affichée par les autorités locales
est de faire de l’Ogooué-Ivindo un hub stratégique pour le Gabon et l’Afrique
centrale. Cette ambition suppose toutefois de penser l’économie provinciale
au-delà de la seule extraction des ressources. Le développement d’activités de
transformation du bois, de valorisation des minerais, d’agriculture structurée
et d’écotourisme pourrait permettre de multiplier les sources de revenus et de
créer davantage d’emplois sur place.
Le projet Belinga illustre d’ailleurs les
enjeux auxquels la province est confrontée. Une exploitation minière
d’envergure peut devenir un accélérateur de développement, à condition que les
infrastructures et les activités économiques créées autour du projet
bénéficient durablement au territoire. Routes, chemin de fer, sous-traitance,
formation professionnelle et entreprises locales devront ainsi constituer une
partie intégrante de l’équation économique.
L’Ogooué-Ivindo entre donc dans une phase où
la question n’est plus de savoir quelles richesses possède la province. Elles
sont déjà connues. Le véritable enjeu consiste désormais à déterminer comment
les exploiter, les transformer et les connecter à une économie locale capable
de générer de la valeur sur le long terme. Le passage du potentiel au projet,
puis du projet à la prospérité, sera le véritable indicateur de réussite des
ambitions économiques affichées pour la province.