Libreville : Le monument Georges Damas Aleka déjà confronté aux incivilités



2026-09-02 10:18:00

Inauguré en grande pompe le 17 août dernier, le monument Georges Damas Aleka, nouveau lieu de mémoire et de rassemblement sur le bord de mer à Libreville, fait déjà face à un problème aussi banal que préoccupant : les comportements inciviques. Une citoyenne présente sur les lieux a tiré la sonnette d’alarme après avoir découvert des déchets dans le bassin du jet d’eau.



Le nouveau monument Georges Damas Aleka se voulait pourtant comme une vitrine de la mémoire, de la culture et du savoir-faire gabonais. Inauguré par le président Brice Clotaire Oligui Nguema à l’occasion du 66e anniversaire de l’indépendance du Gabon, le site rend hommage à l’auteur-compositeur de l’hymne national « La Concorde ». Mais quelques jours seulement après son ouverture, l’état de certains espaces vient rappeler une réalité : construire un patrimoine est une chose, apprendre à le préserver en est une autre.

Dans une vidéo tournée sur place, une intervenante s’est filmée en train de retirer des déchets abandonnés dans le bassin du jet d’eau. Un geste simple, mais qui traduit une certaine exaspération face à des comportements qu’elle juge inacceptables. D’autant que des poubelles sont disponibles à proximité, notamment auprès des artisans installés sur le site. « Ici, c’est pas la poubelle », lance-t-elle, appelant les visiteurs à faire preuve de davantage de responsabilité.

Au-delà de la propreté, cette alerte pose donc la question de l’appropriation des espaces publics. Le monument doit accueillir des Gabonais, mais aussi des visiteurs étrangers et ambitionne de devenir un espace dédié aux arts, à la culture et aux productions locales. Déchets jetés au sol, détritus dans les installations ou encore utilisation des abords comme toilettes improvisées : autant de comportements susceptibles de ternir rapidement l’image d’un site qui se veut emblématique. « Prenez-en soin », insiste l’intervenante, rappelant que cet espace appartient à tous.

Reste désormais à savoir comment cette nouvelle infrastructure sera entretenue et protégée dans la durée. Sensibilisation, présence régulière des services d’hygiène, contrôle des usages et, si nécessaire, sanctions contre les comportements les plus flagrants pourraient contribuer à préserver le site. Car le monument Georges Damas Aleka ne sera une véritable fierté nationale que si chacun accepte d’en prendre soin. « C’est une fierté », rappelle justement l’intervenante. Une fierté qui mérite mieux que quelques jours d’éclat avant de céder face à l’incivisme.