Lutte contre la vente de lait caillé, bissap : Et si les consommateurs jouaient aussi leur rôle ?



2026-08-19 17:20:00

Malgré l’interdiction de commercialisation de certains produits alimentaires à risque, des réseaux continuent de les écouler dans les quartiers de Libreville. Face à cette résistance des pratiques frauduleuses, les populations peuvent devenir un maillon essentiel du dispositif de protection sanitaire.



En dépit de l’interdiction de commercialisation du lait caillé, du bissap, de l’eau en sachet et d’autres produits concernés par les mesures sanitaires, les pratiques interdites continuent de résister. Une nouvelle illustration a été donnée dans la zone de l’IAI, à Libreville, où l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA) a démantelé un réseau de récalcitrants. Ces opérations démontrent toutefois les limites d’une stratégie reposant exclusivement sur les contrôles et les sanctions.

Aussi nombreuses soient-elles, les équipes de contrôle ne peuvent être présentes simultanément dans tous les quartiers, marchés, boutiques et points de vente. Entre deux opérations, certains commerçants peuvent donc reprendre leurs activités clandestines, profitant parfois de la méconnaissance ou de la tolérance des consommateurs.

D’où l’importance d’une implication plus forte des populations. Le consommateur dispose lui aussi d’un pouvoir : celui de refuser d’acheter. Face à un produit dont l’origine, la conformité ou l’autorisation de commercialisation ne peut être clairement établie, le premier réflexe devrait être de s’abstenir. Refuser l’achat, demander les garanties officielles lorsqu’elles sont nécessaires, signaler les points de vente suspects et alerter les autorités sont autant de gestes simples susceptibles de contribuer à assécher les circuits de commercialisation illégale.

La lutte contre les produits présentant un risque pour la santé publique ne peut donc être efficace sans une véritable culture de vigilance. Il ne s’agit pas de se substituer aux agents de contrôle, mais de devenir leurs relais sur le terrain.

Car derrière chaque produit interdit acheté se trouve un marché qui continue d’exister. Sans consommateurs, les réseaux clandestins perdent une partie de leur débouché. La protection de la santé publique devient ainsi une responsabilité partagée entre les autorités, les commerçants et les citoyens. L’AGASA peut contrôler, saisir, sanctionner et sensibiliser ; les populations, elles, peuvent contribuer à faire remonter les informations et surtout à ne pas alimenter la demande. Dans cette lutte, la vigilance citoyenne peut devenir une arme aussi importante que le contrôle administratif. Pour signaler une pratique ou un produit suspect, un seul réflexe : appelez l’AGASA au 1411.