Monument Damas Aléka : Erick Mauro Nguémah placé sous mandat de dépôt à trois jours du 17 août



2026-08-15 08:25:00

Le placement sous mandat de dépôt d’Erick Mauro Nguémah marque un nouveau tournant dans le dossier judiciaire entourant le monument Damas Aléka. À trois jours des célébrations de l’indépendance, cette décision intervient alors que le chantier poursuit son accélération en vue d’une inauguration symbolique le 17 août.



Le dossier du monument Damas Aléka connaît un nouveau développement avec le placement sous mandat de dépôt de son architecte, Erick Mauro Nguémah, ce vendredi 14 août 2026 à Libreville. Entendu pendant plusieurs heures au terme d’une procédure engagée depuis son interpellation le 27 juillet dernier, l’architecte a finalement vu sa garde à vue déboucher sur une mesure de détention provisoire. L’information, initialement rapportée par Média Afrique News, a été confirmée à GabonReview par plusieurs sources judiciaires, notamment des avocats et des professionnels spécialisés dans l’information judiciaire et juridique.

 

Cette décision intervient alors que, sur le terrain, le chantier du monument Damas Aléka poursuit son avancée à un rythme soutenu. L’habillage extérieur de l’édifice est désormais largement achevé, faisant émerger la perspective d’une inauguration symbolique à l’occasion des célébrations du 17 août. Une situation qui nourrit les interrogations, d’autant que l’Hôtel des Affaires étrangères se trouve également dans une configuration comparable, avec une façade achevée mais des travaux intérieurs et d’équipement encore en cours, sans que son inauguration annoncée à la même date ne suscite une controverse judiciaire comparable.

 

Le dossier avait déjà pris une tournure sensible au début du mois de juillet avec la publication d’un mémorandum de l’Ordre gabonais des architectes. Le document évoquait notamment une réduction du budget, des délais jugés particulièrement contraints ainsi que des modifications intervenues au cours de l’exécution du projet. Des éléments susceptibles, selon ses auteurs, de nuancer la part de responsabilité imputable à l’architecte. Le Conseil national de l’Ordre avait toutefois réagi en dénonçant certains propos considérés comme calomnieux, accentuant la tension autour d’un chantier devenu autant un enjeu institutionnel qu’un dossier judiciaire.

 

Le placement sous mandat de dépôt d’Erick Mauro Nguémah constitue désormais une nouvelle étape dans cette affaire, sans préjuger, à lui seul, de sa culpabilité. La mesure intervient dans un contexte marqué par l’urgence liée aux célébrations du 17 août, les interrogations sur les conditions d’exécution du projet et les différentes versions circulant autour des responsabilités engagées. Alors que le monument se prépare à occuper le devant de la scène lors des festivités de l’indépendance, son principal concepteur, lui, entame une nouvelle séquence judiciaire dont les prochaines étapes devraient permettre de préciser les faits reprochés et les responsabilités éventuelles.