OIF : le Gabon apporte son soutien à la candidature de la RDC



2026-08-19 09:57:00

À l’approche de l’élection du prochain Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie, la candidate de la République démocratique du Congo, Juliana Amato Lumumba, salue publiquement le soutien du Gabon. Un appui qui vient renforcer la dynamique diplomatique autour de sa candidature et illustre la volonté de Libreville de peser dans les équilibres du monde francophone.



La campagne pour la succession à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) prend une nouvelle dimension en Afrique centrale. La candidature portée par la République démocratique du Congo bénéficie désormais du soutien de la République gabonaise, un appui publiquement salué par Juliana Amato Lumumba.

Dans un message diffusé à travers un visuel mettant en scène la candidate congolaise aux côtés du président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, Juliana Amato Lumumba exprime sa « profonde gratitude » à la République gabonaise pour son soutien à sa candidature au poste de Secrétaire générale de l’OIF.

« Ce soutien témoigne des liens fraternels qui unissent le Gabon et la RDC », souligne-t-elle, en inscrivant cet appui dans une relation bilatérale qui dépasse le seul cadre de la compétition pour la direction de l’organisation francophone.

Une candidature congolaise qui cherche à fédérer

La République démocratique du Congo a officiellement porté la candidature de Juliana Amato Lumumba pour prendre la direction de l’OIF. Le choix de Kinshasa s’inscrit dans une stratégie visant à renforcer la place de la RDC au sein de l’espace francophone et à défendre une vision renouvelée de l’organisation.

La candidate défend notamment l’idée d’une « Francophonie des peuples, par les peuples et pour les peuples », articulée autour de plusieurs priorités destinées à rapprocher l’organisation des réalités sociales, économiques et culturelles de ses États membres.

Pour Kinshasa, l’enjeu est également stratégique. Avec son poids démographique et culturel dans l'espace francophone, la RDC entend faire valoir une voix africaine plus importante au sein d'une organisation appelée à jouer un rôle dans les domaines de la paix, de la coopération, de la jeunesse, de la culture et du développement.

Le Gabon choisit son camp diplomatique

L’appui de Libreville revêt une portée particulière. En avril 2026, le Conseil des ministres gabonais avait pris acte de la décision du président de la République de ne présenter aucun candidat gabonais au poste de Secrétaire général de l’OIF.

Le soutien apporté à la candidature congolaise peut ainsi être lu comme un choix diplomatique assumé dans la compétition qui s’annonce pour la direction de l’organisation.

Il intervient par ailleurs dans un contexte où le Gabon cherche à consolider son positionnement international. Les autorités gabonaises ont récemment réaffirmé leur attachement à la Francophonie et à la coopération multilatérale, notamment lors de la visite de la Secrétaire générale de l’OIF à Libreville en mai dernier.

Une vision commune de la Francophonie

Dans son message de remerciement, Juliana Amato Lumumba ne réduit pas le soutien gabonais à un simple geste électoral. Elle y voit l’expression d’une vision partagée de la Francophonie.

La candidate congolaise cite ainsi plusieurs valeurs : la paix, le dialogue, la solidarité, la diversité culturelle et l’intégration économique.

Cette dimension est importante. Car au-delà de la question de la langue française, la Francophonie cherche aujourd’hui à renforcer sa pertinence politique, économique et culturelle dans un environnement international marqué par les recompositions géopolitiques.

Pour Juliana Amato Lumumba, l’enjeu est précisément de construire une organisation « plus ambitieuse, inclusive et proche des réalités » des peuples, des jeunesses, des cultures et des langues.

L’Afrique centrale en première ligne

Le soutien du Gabon donne également une résonance particulière à la candidature congolaise dans une région d’Afrique centrale où les enjeux diplomatiques, économiques et culturels prennent une importance croissante.

Il intervient après plusieurs démarches engagées par Kinshasa pour obtenir des soutiens internationaux. La RDC a notamment mené des consultations auprès de plusieurs partenaires francophones, dont le Canada, la Suisse, le Luxembourg et la France.

Dans cette bataille diplomatique, chaque soutien compte.

Le choix du Gabon apparaît donc comme un signal supplémentaire en faveur de la candidature congolaise, mais aussi comme une illustration des relations que Libreville entend entretenir avec les autres capitales africaines autour d'enjeux communs.

L'élection du prochain Secrétaire général de l'OIF doit intervenir lors du Sommet de la Francophonie prévu les 15 et 16 novembre 2026 au Cambodge.

D’ici là, la bataille diplomatique devrait continuer de s’intensifier. Et pour la candidature congolaise, le soutien du Gabon constitue désormais un nouvel acquis dans la recherche d’une majorité au sein de l’espace francophone.