Secteur extractif : Le Cameroun lance les discussions avec les USA pour le rapatriement des Fonds Res
2026-08-28 14:31:00
Le 27 août 2026 a eu lieu à Yaoundé, le 1er Dialogue économique et commercial Cameroun-Etats Unis. Une délégation venue de Washington et conduite par la Sous-Secrétaire adjointe, chargée des affaires africaines au Département d’Etats-Unis, Sarah Troutman a fait le déplacement pour prendre part aux échanges qui ont tourné autour de trois axes : l’amélioration du climat des affaires et de l’environnement des investissements, la promotion des investissements et des partenariats, le développement du commerce bilatéral et l’accès aux marchés.
Le Cameroun a profité de cet évènement pour mettre sur la
table des discussions, le sujet relatif à la sécurisation et au rapatriement
des Fonds destinés à la restauration des sites miniers (Fonds Res). Il
s’agit des
provisions financières constituées par les entreprises du secteur extractif
(pétrole, gaz et mines) pour remettre en état les sites exploités en fin de
vie.
Les
Fonds Res attendus par le Cameroun et les autres pays de la Communauté
économique et monétaire de l’Afrique Centrale se chiffrent entre 3000 et 8 000
milliards de FCFA. Ils sont bloqués depuis des années dans les banques
internationales. Face à plus de six années de résistances et de
négociations infructueuses menées par la Banque des Etats de l’Afrique Centrale
(Beac) face aux multinationales du secteur extractif, la banque centrale a
abandonné son approche centralisée pour privilégier des discussions bilatérales
État par État. Raison pour laquelle le Cameroun engage les discussions avec les
Etats-Unis.
Pour le Cameroun et la sous-région, le rapatriement des Fonds Res vise à renforcer les avoirs extérieurs en devises de la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) et à stabiliser la couverture de la monnaie. « Nous sommes convaincus que le cadre d’un dialogue technique inclusif est approprié pour l’examen des solutions juridiques, financières et institutionnelles en matière de rapatriement des Fond Res. Une démarche qui implique la Beac en charge de la politique monétaire commune.
Son aboutissement
pourrait contribuer à une meilleure perception du climat des affaires dans
l’ensemble de la Cemac. Toute chose de nature à mobiliser encore plus
d’investissements dans le secteur minier » précise Alamine Ousmane Mey,
ministre camerounais de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du
territoire. Les conclusions des échanges sur le sujet restent attendus.