500 km à pied pour être entendues : Ce que révèle la marche des commerçantes de la Ngounié



2026-07-17 08:32:00

Elles sont dix. Dix femmes commerçantes de la province de la Ngounié qui ont choisi d’entreprendre un périple de près de 500 kilomètres à pied jusqu’à Libreville. Au-delà de la portée symbolique de cette initiative, leur marche met en lumière une réalité plus profonde : celle des difficultés auxquelles sont confrontés de nombreux acteurs du commerce local dans les provinces gabonaises.



À travers cette démarche, ces commerçantes souhaitent attirer l’attention des autorités sur plusieurs préoccupations, au premier rang desquelles figure la nécessité d’améliorer les infrastructures commerciales, notamment la réalisation d’un marché moderne longtemps attendu. Pour elles, disposer d’espaces adaptés ne relève pas du confort, mais constitue une condition essentielle pour exercer leur activité dans des conditions dignes, préserver leurs marchandises et développer leurs revenus.

Cette marche interroge également sur la place qu’occupent les femmes dans l’économie nationale. Dans les marchés gabonais, elles représentent une part importante des acteurs du commerce de proximité. Elles assurent l’approvisionnement des ménages, soutiennent les économies familiales et participent activement à la vitalité économique des communes. Pourtant, leur quotidien reste marqué par des difficultés persistantes : infrastructures insuffisantes, coûts de transport élevés, accès limité aux équipements de conservation ou encore conditions de travail parfois précaires.

Le choix d’effectuer un trajet de plusieurs centaines de kilomètres à pied traduit une volonté de rendre leur message visible. Plus qu’un simple déplacement, cette marche constitue un appel à l’écoute et au dialogue. Elle rappelle que, dans les territoires de l’intérieur du pays, certaines préoccupations peinent encore à trouver un écho suffisant malgré leur impact direct sur les conditions de vie des populations.

Cette mobilisation intervient dans un contexte où les pouvoirs publics affichent leur volonté de renforcer le développement des provinces et d’améliorer les infrastructures économiques. Les attentes exprimées par ces commerçantes pourraient ainsi nourrir la réflexion sur les politiques publiques en faveur du commerce de proximité, de l’entrepreneuriat féminin et de l’aménagement équilibré du territoire.

Au-delà de leur destination, ces dix femmes portent avec elles les préoccupations de nombreux commerçants de la Ngounié. Leur marche rappelle qu’un marché moderne n’est pas seulement un équipement urbain : il est aussi un levier de développement économique, de création de richesse locale et d’amélioration des conditions de travail.

Reste désormais à savoir si ces centaines de kilomètres parcourus permettront d’ouvrir un dialogue constructif avec les autorités et d’accélérer la prise en compte des attentes exprimées par ces commerçantes.