Créer en langues africaines : Le théâtre en lingala et si le Gabon s’en inspirait ?
2026-07-17 08:14:00
Le succès grandissant des productions théâtrales en lingala, en République démocratique du Congo et en République du Congo, démontre qu’il est possible de créer, divertir et transmettre des messages forts dans une langue africaine, tout en rencontrant un large public.
Ces pièces, largement diffusées sur les chaînes de télévision, les plateformes numériques et les réseaux sociaux, ne se limitent pas à divertir. Elles valorisent le patrimoine linguistique, mettent en scène les réalités sociales du quotidien et renforcent le sentiment d’appartenance culturelle. Le lingala est ainsi devenu un véritable vecteur de création artistique et un outil de rayonnement culturel.
Au Gabon, le français demeure la langue dominante dans les productions audiovisuelles et théâtrales. Pourtant, le pays compte une quarantaine de langues nationales, porteuses d’une immense richesse culturelle et d’un potentiel créatif encore largement sous-exploité.
Imaginer des pièces de théâtre en fang, myènè, punu, nzebi, téké, kota ou encore en omyènè, ce serait non seulement contribuer à la préservation de ces langues, mais aussi proposer une offre culturelle originale, proche des réalités locales. Les scènes de la vie quotidienne, l’humour, les contes, les proverbes et les traditions prendraient une dimension nouvelle en étant racontés dans les langues qui les ont vus naître.
Une telle dynamique pourrait également favoriser l’émergence de nouveaux talents, encourager les jeunes à s’approprier leur patrimoine linguistique et créer une industrie culturelle capable de séduire aussi bien le public national que la diaspora.
À l’heure où plusieurs pays africains misent sur leurs langues nationales pour renforcer leur identité culturelle, le Gabon dispose, lui aussi, d’une formidable opportunité. Soutenir la création artistique dans les langues gabonaises ne serait pas un retour vers le passé, mais un investissement pour l’avenir.
Le théâtre en lingala montre qu’une langue africaine peut être un puissant moteur de création, d’émotion et de succès populaire. Et si, demain, le Gabon écrivait lui aussi cette nouvelle page de son histoire culturelle ?