Le Tchad ouvre ses frontières : D’jamena supprime les visas pour les Africains



2026-07-17 10:05:00

À l’ouverture du tout premier Forum africain de l’eau à N’Djamena, consacré aux défis liés à la gestion des ressources hydriques et à la préservation du lac Tchad, le Président Mahamat Idriss Déby Itno a créé la surprise en annonçant une mesure qui dépasse largement le cadre environnemental. À partir du 1er janvier 2027, tous les ressortissants africains pourront entrer sur le territoire tchadien sans visa, un geste fort qui place l’intégration du continent au cœur des priorités du pays.



Avec cette décision, N’Djamena entend envoyer un signal clair en faveur de la libre circulation des personnes et du renforcement des échanges entre États africains. Pour ce pays enclavé d’Afrique centrale, l’objectif est aussi économique : attirer davantage d’investisseurs, stimuler le tourisme, faciliter le commerce transfrontalier et réduire les obstacles administratifs qui freinent encore les opportunités d’affaires. Cette ouverture s’inscrit dans la dynamique de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), qui ambitionne de faire de l’Afrique un marché plus intégré et plus compétitif.

Mais cette ambition s’accompagne de défis de taille. Dans un contexte régional marqué par l’insécurité et les menaces terroristes au Sahel, le Tchad devra moderniser ses postes frontaliers, renforcer les contrôles biométriques et travailler étroitement avec les services de sécurité des pays voisins. L’enjeu sera de concilier ouverture des frontières et protection du territoire afin que cette nouvelle politique ne profite pas aux réseaux criminels ou aux groupes armés actifs dans la région.

Le Tchad rejoint ainsi le cercle encore restreint des pays africains ayant fait le choix de supprimer les visas pour les citoyens du continent. Les Seychelles, le Bénin, la Gambie, le Rwanda ou encore le Kenya ont déjà engagé cette voie avec des résultats encourageants sur les plans touristique, économique et commercial. Ces expériences démontrent que faciliter les déplacements favorise les investissements, les échanges culturels et la création d’opportunités pour les entrepreneurs africains.

À l’horizon 2027, cette annonce pourrait marquer un nouveau tournant dans la construction d’une Afrique plus intégrée. En faisant tomber une barrière administrative longtemps perçue comme un frein à la mobilité, le Tchad lance un appel à ses voisins et rappelle qu’aucun des grands défis du continent — qu’ils soient économiques, climatiques ou sociaux — ne pourra être relevé sans une circulation plus fluide des femmes, des hommes et des idées. Reste désormais à transformer cette promesse politique en une réussite concrète.