Libreville : Opération anti-épaves applaudie, les habitants réclament désormais une action durable des autorités.
2026-07-17 10:46:00
Lancée le jeudi 16 juillet 2026 par le maire central de Libreville, Eugène M’Ba, l’opération de retrait des véhicules hors d’usage et de libération du domaine communal a reçu un accueil favorable dans le 6ᵉ arrondissement. Au Carrefour des Sœurs, à Nzeng-Ayong, les habitants saluent une initiative qui redonne progressivement de l’air aux espaces publics longtemps occupés par des carcasses de voitures abandonnées.
Sur le terrain, l’édile municipal, accompagné du maire du 6ᵉ arrondissement Daniel Nkoulou Abessolo, de ses adjoints et des responsables des services techniques, a supervisé les premières actions de dégagement. Avec l’appui de la Direction générale du Cadastre, de l’Habitat et de l’Aménagement urbain (DGCHAU), de la Direction générale de l’Environnement (DGE), de l’Inspection générale municipale et de la Direction générale des Finances, plusieurs véhicules ont été retirés afin de restaurer l’usage normal du domaine public.
Pour Yohan, un riverain, le changement est déjà visible : « Ces véhicules étaient abandonnés depuis des années et empêchaient parfois le passage. Aujourd’hui, le quartier est plus propre et mieux dégagé ».
Mais derrière la satisfaction immédiate, les populations posent une question essentielle : celle de la continuité. Pour plusieurs habitants, les opérations de déguerpissement et de nettoyage ont souvent produit des effets limités en raison d’un manque de contrôle après le départ des équipes municipales. « Le problème, ce n’est pas l’opération elle-même. Après quelques semaines, il n’y a plus de contrôle et les mêmes personnes reviennent occuper les espaces libérés », déplore Ingrid Mezene, une citoyenne du secteur.
Au-delà des véhicules abandonnés, les riverains pointent également du doigt la multiplication des occupations anarchiques des trottoirs par des commerces informels et des garages improvisés. Une situation qui contraint les piétons à marcher sur la chaussée, avec des risques quotidiens pour leur sécurité. « Les enfants, les personnes âgées et les femmes enceintes sont obligés de partager la route avec les voitures. Il faut un suivi régulier et des sanctions contre ceux qui ne respectent pas les règles », insiste Richard Metoule, habitant du quartier.
Pour les populations du 6ᵉ arrondissement, cette opération représente un signal positif dans la transformation du cadre urbain de Libreville. Toutefois, elles appellent la municipalité à inscrire cette action dans la durée, à travers des contrôles permanents et une véritable politique de protection du domaine public. Car, pour elles, le véritable défi ne sera pas seulement de libérer les espaces, mais de veiller à ce qu’ils ne replongent plus dans le désordre.