Côte d’Ivoire : Le manioc bientôt transformé en carburant durable pour l’aviation d’ici 2029



2026-10-22 10:21:00

Et si le manioc ivoirien contribuait demain à faire voler les avions ? La Côte d’Ivoire ambitionne de produire ses premiers litres de carburant d’aviation durable entre 2028 et 2029. Présenté le 3 septembre 2026 par l’Autorité nationale de l’aviation civile (ANAC), avec l’appui de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) et de la France, le projet vise à développer une filière locale capable de réduire l’empreinte carbone du transport aérien tout en valorisant les ressources agricoles du pays.



Et si le manioc ivoirien contribuait demain à faire voler les avions ? La Côte d’Ivoire ambitionne de produire ses premiers litres de carburant d’aviation durable entre 2028 et 2029. Présenté le 3 septembre 2026 par l’Autorité nationale de l’aviation civile (ANAC), avec l’appui de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) et de la France, le projet vise à développer une filière locale capable de réduire l’empreinte carbone du transport aérien tout en valorisant les ressources agricoles du pays.


L’initiative s’inscrit dans le cadre du programme ACT-SAF de l’OACI, consacré au développement des carburants d’aviation durables (CAD), également désignés par l’acronyme anglais SAF. Ces carburants de substitution au kérosène fossile peuvent être produits à partir de biomasse ou de déchets. Pour la Côte d’Ivoire, le manioc figure parmi les matières premières envisagées, notamment à travers la production d’éthanol susceptible d’entrer dans la fabrication de ces carburants. L’objectif est de transformer une ressource agricole locale en une nouvelle source de valeur ajoutée.


Le projet s’appuie également sur les perspectives de croissance du transport aérien. En 2025, l’aéroport international Félix-Houphouët-Boigny d’Abidjan a accueilli 2,55 millions de passagers. À l’échelle mondiale, la demande de transport aérien devrait poursuivre sa progression au cours des prochaines décennies, renforçant les enjeux liés à la réduction des émissions du secteur. Dans ce contexte, les carburants durables représentent une piste pour limiter l’impact environnemental des vols, tout en ouvrant de nouveaux débouchés aux acteurs agricoles et industriels ivoiriens.


Pour amorcer cette production, le recours aux installations existantes de la Société ivoirienne de raffinage (SIR) est envisagé. Le co-traitement, qui consiste à intégrer des matières premières d’origine biologique dans les unités de raffinage, pourrait permettre de limiter les investissements nécessaires à la mise en place de la filière. Mais plusieurs conditions restent à réunir : organiser la collecte et le transport des matières premières, garantir la certification des carburants et mettre en place un cadre réglementaire adapté. Le projet devra aussi préserver les ressources naturelles et éviter toute concurrence entre les usages alimentaires du manioc et les besoins de l’industrie énergétique.


Avec cette initiative, la Côte d’Ivoire cherche à se positionner sur un marché encore en développement, à la croisée de la transition énergétique et de la transformation locale des ressources agricoles. L’échéance de 2028-2029 constitue toutefois un objectif, et non une production déjà acquise. La concrétisation du projet dépendra notamment de sa viabilité économique, de la disponibilité durable des matières premières et du respect des normes environnementales. Au-delà des premiers litres attendus, l’enjeu sera de bâtir une filière capable de concilier développement industriel, valorisation agricole et réduction des émissions du transport aérien.