Economie Programme d’investissements publics (PIP) : 1 120 milliards de FCFA pour financer les investissements publics en 2027



2026-10-22 13:14:00

Auditionnée le 21 octobre 2026 par les députés au Palais Léon-Mba, la ministre de la Planification et de la Prospective, Louise Pierrette Mvono, a présenté les principales orientations du Programme d’investissements publics (PIP) pour la période 2027-2029. Pour l’exercice 2027, l’enveloppe prévue s’élève à 1 120 milliards de FCFA, face à des besoins exprimés par les administrations sectorielles estimés à 6 065,9 milliards de FCFA. Un écart considérable qui impose au gouvernement de hiérarchiser ses priorités.



Des besoins largement supérieurs aux ressources disponibles. Dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances 2027, le gouvernement gabonais entend resserrer les choix budgétaires autour des investissements jugés prioritaires. Selon Louise Pierrette Mvono, les besoins formulés par les administrations sectorielles atteignent 6 065,9 milliards de FCFA, contre une enveloppe de 1 120 milliards de FCFA mobilisable pour 2027. Autrement dit, les demandes représentent plus de cinq fois les ressources disponibles. Cette contrainte conduit les autorités à privilégier les projets considérés comme les plus structurants pour le développement national.

Les infrastructures de transport en tête des allocations. Avec 286,4 milliards de FCFA, les travaux publics constituent le premier poste du portefeuille d’investissements. Cette priorité traduit l’importance accordée au développement des infrastructures de transport, essentielles à la mobilité des populations, à la circulation des marchandises et au désenclavement des territoires. L’enjeu consiste à concentrer les financements sur des opérations suffisamment préparées pour limiter les retards d’exécution et améliorer les retombées économiques des dépenses publiques.

L’eau, l’énergie et le capital humain au cœur de la programmation. Le secteur de l’énergie et de l’eau bénéficie d’une allocation de 154,3 milliards de FCFA. La santé reçoit, pour sa part, 102,1 milliards de FCFA, tandis que l’éducation nationale dispose de 61,8 milliards de FCFA. Ces dotations reflètent la volonté de soutenir les services essentiels et de renforcer les conditions de vie des populations. Leur efficacité dépendra toutefois de la capacité des administrations à exécuter les projets dans les délais et à produire des améliorations concrètes dans l’accès aux services publics.

La diversification économique passe par le numérique et l’agriculture. Les secteurs de l’Économie numérique et de la Communication mobilisent conjointement 32,2 milliards de FCFA, notamment pour les projets Gabon Digital et Gabon Infini. Dans le même temps, 22,9 milliards de FCFA sont consacrés à l’agriculture, à l’élevage et à la pêche. Cette enveloppe comprend 10,8 milliards pour le programme GRAINE et 6,2 milliards pour le développement de la filière avicole. Ces investissements visent à moderniser l’économie et à renforcer les capacités de production locales, deux leviers importants pour réduire la dépendance du pays aux importations.

La maturation des projets, condition de réussite des investissements. Pour améliorer la qualité des dépenses publiques, le gouvernement prévoit 60 milliards de FCFA pour le Fonds d’études sectorielles (FES), destiné à financer les études nécessaires à la préparation des futurs projets. Cette démarche vise à limiter l’inscription d’opérations insuffisamment préparées dans le portefeuille d’investissements. Au-delà des montants annoncés, le principal défi de la programmation 2027-2029 sera donc celui de l’exécution : transformer les arbitrages budgétaires en infrastructures fonctionnelles, en services publics plus performants et en résultats mesurables pour l’économie gabonaise.