Fonds publics : l’exécutif durcit le ton sur la reddition des comptes
2026-05-05 10:45:00
En rappelant que « l’argent du contribuable n’est pas négociable », le chef de l’État réactive l’exigence de responsabilité publique.
« L’argent du contribuable n’est pas négociable. » En réaffirmant ce principe, Brice Clotaire Oligui Nguema adresse bien plus qu’un simple rappel de rigueur budgétaire : il fixe une ligne politique. Cette déclaration, à forte portée symbolique, sonne comme un avertissement à l’endroit de tous les gestionnaires de deniers publics et ravive une promesse centrale de la transition puis du nouvel ordre institutionnel : celle de mettre fin à l’impunité dans la gestion des ressources de l’État. Le message est clair : chaque franc décaissé sur fonds publics devra désormais pouvoir être justifié, tracé et évalué à l’aune de son utilité réelle.
En rappelant que le Comité pour la transition et la restauration des institutions a transmis plusieurs dossiers à la justice, le chef de l’État remet au centre du débat une séquence sensible : celle de l’utilisation des fonds alloués aux provinces durant la transition. Au cœur des interrogations, une enveloppe de 7 milliards de FCFA attribuée à chacune des neuf provinces, soit un total de 63 milliards de FCFA. L’annonce réactive les déclarations faites à l’époque par Bruno Obiang Mve, alors procureur près le Tribunal de première instance de Libreville, qui avait annoncé l’ouverture d’enquêtes judiciaires afin d’établir la destination exacte de ces ressources publiques.
La portée de cette relance dépasse le seul traitement d’un dossier financier. Elle pose, en creux, la question de la continuité de l’État et de la responsabilité publique au-delà des changements d’hommes et de fonctions. Si les titulaires de l’action judiciaire évoluent, les procédures, elles, demeurent. Reste désormais à attendre les conclusions des enquêtes et, surtout, les suites judiciaires qui pourraient en découler en cas d’irrégularités avérées. Car dans un État qui revendique désormais la rigueur comme norme de gouvernance, la crédibilité de l’action publique se mesurera aussi à sa capacité à sanctionner l’usage abusif de l’argent collectif.