Souveraineté alimentaire : 5 accords pour faire du Gabon une puissance avicole régionale
2026-05-05 10:41:00
Cinq accords majeurs signés à Libreville traduisent une offensive stratégique du gouvernement pour réduire les importations et bâtir une filière avicole nationale intégrée.
Le Gabon a franchi une étape décisive dans sa quête de souveraineté alimentaire en scellant, le 5 mai à Libreville, cinq accords d’envergure avec des partenaires internationaux, en marge du Forum international dédié à l’innovation et au développement. Portée par les ministres Thierry Minko et Pacôme Kossy, cette initiative s’inscrit dans une volonté affirmée de rompre avec une dépendance structurelle aux importations alimentaires, notamment dans le secteur avicole. Deux conventions d’investissement structurantes ont ainsi été conclues : l’une, d’un montant de 67,1 milliards de FCFA avec Hakan Kiran Holding pour une ferme intégrée à Ntoum capable de produire 60 000 tonnes par an ; l’autre, de 10 milliards de FCFA avec le groupe NJS pour une unité à Oyem, d’une capacité de 10 000 tonnes annuelles. Ces projets traduisent une montée en puissance industrielle d’un secteur longtemps resté embryonnaire.
Au-delà de ces premières implantations, le gouvernement voit plus grand. Un accord-cadre de 155 milliards de FCFA signé avec l’Association Agricole Chinoise pour les Échanges Internationaux (CAAIE) prévoit la construction de cinq infrastructures agro-industrielles, dont deux fermes avicoles nationales intégrées à Ayeme-Pleine et Port-Gentil, avec une production projetée de 1 000 tonnes mensuelles dès 2027. À cela s’ajoutent deux mémorandums d’entente aux ambitions encore plus larges : l’un, estimé à 280 milliards de FCFA avec Hong Kong Grove Metal Limited, pour la création d’un parc agro-industriel et logistique international ; l’autre avec Qingdao Intelligent Poultry Investment Development pour une ferme capable de produire jusqu’à 45 000 tonnes par an. À travers ce dispositif, le Gabon ne se contente plus de produire : il ambitionne de structurer une véritable chaîne de valeur, intégrant production, transformation, stockage et distribution.
Cette offensive agricole répond à un impératif économique autant que social. Chaque année, le pays consacre des centaines de milliards de FCFA à l’importation de produits avicoles, une dépendance que les autorités entendent désormais inverser. En misant sur des partenariats internationaux tout en intégrant les PME locales dans les projets, le gouvernement cherche à conjuguer transfert de compétences, création d’emplois et montée en gamme du tissu productif national. Reste un défi majeur : transformer ces engagements en réalisations concrètes dans des délais maîtrisés. Car si les ambitions sont clairement affichées, c’est sur le terrain, en matière de production effective, de compétitivité et de prix pour les consommateurs, que se jouera la crédibilité de cette stratégie de souveraineté alimentaire.