Tenue traditionnelle ou africaine le vendredi : Zita Oligui Nguema, muse silencieuse d’un retour aux racines ?



2026-05-05 11:57:00

En imposant dès ce 8 mai le port de la tenue africaine dans les administrations chaque vendredi, le gouvernement acte une revalorisation culturelle qui épouse, presque trait pour trait, l’esthétique identitaire portée depuis des années par la Première Dame, Zita Oligui Nguema.



À première vue, la décision peut sembler administrative. Elle est en réalité hautement symbolique. En instituant le port obligatoire de la tenue traditionnelle ou africaine chaque vendredi dans les administrations publiques, l’État gabonais ne se contente pas d’introduire un nouveau code vestimentaire : il pose un acte politique de réappropriation culturelle. Dans un pays en quête de réancrage identitaire, cette mesure s’inscrit dans une volonté plus large de réhabiliter les marqueurs visibles de l’appartenance nationale. Le vêtement, ici, cesse d’être un simple choix esthétique pour redevenir un langage, un signe d’héritage, un outil de transmission. Et dans cette mise en scène assumée du retour aux sources, une silhouette s’impose depuis longtemps avec constance : celle de la Première Dame, Zita Oligui Nguema.

Depuis plusieurs années, Zita Oligui Nguema a discrètement construit une grammaire visuelle singulière dans l’espace public gabonais. Là où d’autres Premières Dames africaines privilégient les codes internationaux du prestige, tailleurs de luxe, signatures occidentales, élégance mondialisée, elle a fait le choix d’une esthétique de proximité, enracinée dans le pagne, les coupes africaines et les étoffes inspirées des traditions du continent. À chacune de ses apparitions officielles, dans les cérémonies protocolaires comme dans les déplacements sociaux, elle impose une constance stylistique qui n’a rien d’anodin. Ce choix vestimentaire, loin du folklore, relève d’un positionnement. Il dit une fidélité culturelle, une manière d’habiter la fonction sans se détacher du socle symbolique local. En ce sens, son image publique a progressivement imposé une forme de pédagogie silencieuse : celle d’un prestige qui ne s’oppose pas à l’africanité, mais s’y nourrit.

Dire que la Première Dame a inspiré cette décision ne relève donc ni de l’excès ni du simple commentaire mondain. Cela revient à reconnaître qu’avant même d’être normée par circulaire, cette revalorisation du vêtement africain avait déjà trouvé en elle une incarnation crédible, visible et constante. Le politique formalise aujourd’hui ce que son image suggérait déjà : la modernité gabonaise ne saurait se construire dans l’effacement de ses codes culturels. En ce sens, le “vendredi africain” apparaît moins comme une innovation administrative que comme la traduction institutionnelle d’un récit esthétique et identitaire que Zita Oligui Nguema porte, avec constance, depuis plusieurs années.