« Parlons de vous » : Danielle Cynthia Nyangui Moukouwangui, la femme qui veut réinventer la finance gabonaise par l’inclusion et l’impact social
2026-07-17 08:10:00
Dans le cadre de sa rubrique « Parlons de vous », dédiée aux parcours remarquables des entrepreneurs et professionnels gabonais, BiBa 241 met cette semaine en lumière Danielle Cynthia Nyangui Moukouwangui, entrepreneure gabonaise et fondatrice de SEBC Gabon Bureau de Change, ainsi que du Programme Fonds d’Appui au Financement des Micro-Projets (FAF-MP).
Née le 29 janvier 1981 à Libreville, cette professionnelle de la finance a choisi de quitter le confort d’une carrière bancaire pour se lancer dans l’entrepreneuriat, avec une ambition claire : contribuer à bâtir une finance plus inclusive, accessible et adaptée aux réalités gabonaises. Sa philosophie entrepreneuriale résume son engagement : « Lorsqu’un talent est révélé, il faut s’investir pour l’exploiter au bénéfice du plus grand nombre. »
Du monde bancaire à l’entrepreneuriat : le choix de l’audace
Le parcours de Danielle Cynthia Nyangui Moukouwangui est celui d’une professionnelle qui a décidé de transformer une transition de carrière en opportunité de création de valeur. Après plusieurs années dans le secteur bancaire, notamment au sein de Citibank Gabon, son dernier employeur, elle choisit de franchir un cap décisif. « À la faveur d’un départ à l’amiable de chez Citibank Gabon, mon dernier employeur, j’ai fait le grand saut de l’entrepreneuriat », explique-t-elle.
Un choix qui marque le début d’une nouvelle aventure, portée par une volonté de répondre à des besoins identifiés dans deux domaines stratégiques : le change et le financement des initiatives entrepreneuriales.
SEBC Gabon : structurer un secteur et promouvoir l’excellence
Avec SEBC Gabon Bureau de Change, Danielle Cynthia Nyangui Moukouwangui ambitionne de professionnaliser un secteur qui, selon elle, souffrait d’un déficit d’intégration des compétences nationales. « Il y avait une absence des Gabonais qualifiés dans la profession d’échangeur. L’objectif était de permettre une appropriation de ce secteur d’activité, de le réglementer davantage et d’apporter les bonnes pratiques dans un domaine qui échappait encore aux circuits réglementés », souligne-t-elle.
À travers cette initiative, elle défend une vision basée sur la conformité, la modernisation et la transparence, avec la conviction que les secteurs financiers doivent être davantage accessibles aux acteurs locaux.
FAF-MP : répondre au défi du financement des entrepreneurs
Son engagement entrepreneurial ne s’arrête pas au secteur du change. Avec le Programme Fonds d’Appui au Financement des Micro-Projets (FAF-MP), elle entend apporter une réponse à l’un des principaux obstacles rencontrés par les jeunes entrepreneurs : l’accès au financement. « Les startups rencontrent d’importantes difficultés pour accéder aux financements. Il faut adapter l’offre de crédit aux réalités locales, garantir la bonne fin des prêts et sécuriser les investissements », explique-t-elle.
Une approche qui traduit sa volonté de participer à l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneurs capables de créer des emplois et de contribuer au développement économique du pays.
Entreprendre pour transformer la société
Pour Danielle Cynthia Nyangui Moukouwangui, l’entrepreneuriat ne se résume pas à la recherche du profit. « Ce que je gagne personnellement à travers ce que je fais, c’est la possibilité de contribuer à réduire la fracture sociale par l’émergence d’une nouvelle classe moyenne, de diminuer le chômage chez les jeunes et les femmes, de réduire l’exode rural et de contribuer significativement à l’augmentation du PIB pour l’essor économique de notre pays », affirme-t-elle. Une vision profondément tournée vers l’impact social et la prospérité partagée.
Pour réaliser cette ambition, elle a accepté de renoncer à un élément essentiel : le confort de l’emploi. « J’ai abandonné le confort de l’emploi pour lancer ma structure », confie-t-elle. La foi, la résilience et le goût de l’effort comme moteurs
Dans les moments difficiles, l’entrepreneure puise sa force dans des valeurs qui constituent le socle de son engagement. « Ce qui me fait sortir du lit lorsque tout va mal, c’est la soif de léguer un héritage solidement ancré par des principes nobles et forts : l’appétit pour le travail, le goût de l’effort et la préservation des valeurs cardinales, gages de réussite à tous points de vue », déclare-t-elle. Sa manière de diriger repose également sur cette conviction. « La détermination à convaincre par la preuve de la foi en Dieu et en soi. Lorsqu’elle est active, elle produit l’excellence et le fruit qui demeure », estime-t-elle.
Une source d’inspiration venue de sa famille
Lorsqu’elle est interrogée sur l’entrepreneur ou la personnalité qui l’inspire le plus, Danielle Cynthia Nyangui Moukouwangui cite une personne inattendue : sa mère. « De notre modeste point de vue, la première entreprise est la famille. Ma mère a su sortir de ses entrailles des femmes plus lettrées qu’elle, plus accomplies qu’elle, plus autonomes qu’elle », raconte-t-elle avec émotion.
Elle décrit une femme dont la foi, la responsabilité, la force et la résilience ont façonné son parcours. « Par la grâce de Dieu, je suis la femme que je suis parce que j’ai le modèle de mère qu’elle est », affirme-t-elle.
Construire une finance plus inclusive pour le Gabon
Ce qui distingue SEBC Gabon, selon sa fondatrice, réside dans « sa dynamique de modernisation, sa conformité réglementaire renforcée et sa promotion d’une finance plus inclusive et accessible ». À travers son activité, elle porte une ambition forte : démontrer que la finance peut être un outil d’émancipation collective. « Je souhaite qu’on dise de mon entreprise qu’elle a révolutionné le monde de la finance, en prouvant que tout le monde peut avoir gain de cause, même dans une moindre mesure. S’il n’y a de richesse que d’hommes, avant notre entreprise, le monde fut moins riche ; après, il sera un peu plus riche du fait d’une finance plus inclusive », explique-t-elle.
Une vision africaine de la finance de demain
Pour les prochaines années, Danielle Cynthia Nyangui Moukouwangui imagine un secteur financier profondément transformé. « Je vois une industrie très moderne, ajustée aux économies africaines par les Africains, en faveur des populations africaines », projette-t-elle. Une vision qui place l’humain au centre de la transformation économique.
Face aux périodes d’incertitude, elle adopte une approche fondée sur trois piliers : « la prière, la foi et l’action ». « Je reste toujours orientée solution en demeurant optimiste. Si une porte reste fermée, cela signifie simplement qu’elle n’est pas la bonne. Il faut continuer jusqu’à trouver la bonne », affirme-t-elle.
« La Force » : le mot qui résume son parcours
Lorsqu’on lui demande l’adjectif qui la définit le mieux, sa réponse tient en un mot : « La Force ». Un mot qui traduit un parcours marqué par les défis, mais aussi par une volonté constante d’avancer. À la jeunesse gabonaise, elle adresse un message de responsabilité et d’engagement : « Tout était hors de notre contrôle avant notre naissance, tout a été hors de notre contrôle à un moment de notre vie. Mais assurez-vous de ne pas rater, ou de rattraper, le moment où vous devrez prendre le contrôle. Donnez à votre existence la meilleure trajectoire, battez-vous pour vivre la meilleure vie et œuvrez pour bien finir. »
Son conseil aux futurs entrepreneurs est tout aussi direct : « Personne ne vous donnera du confort. Cherchez-le ou fabriquez-le. Avancez toujours, même lorsque vous avez mal, parce que la victoire se trouve au bout des sacrifices. »
À travers son parcours, Danielle Cynthia Nyangui Moukouwangui incarne une génération d’entrepreneurs qui ne cherchent pas seulement à créer des entreprises, mais à bâtir des institutions capables de transformer durablement la société. Une ambition qui fait d’elle une figure inspirante de la finance entrepreneuriale gabonaise.